Carica papaya

nom scientifique : 
Carica papaya L.
Famille : 

Distribution géographique

Originaire d'Amérique tropicale, très cultivée sous les tropiques.

Description botanique

Petit arbre à tige unique rarement ramifiée, terminée par un bouquet de grandes feuilles de 20 à 60 cm, habituellement digitées. Fleurs mâles garnies d'étamines formant des panicules de 10 cm ou davantage, fleurs femelles à corolle jaune avec pétales en spirale. Fruit sphérique ou formant un globe légèrement allongé dont le diamètre peut atteindre 30 cm, jaune ou orangé, avec un suc laiteux; nombreuses graines noires.

Voucher(s)

Girón,227,CFEH

furoncle :

fruit vert, écrasé ou passé au four, en application locale1

urétrite :

racine, macération, voie orale2

Le fruit mûr pelé de Carica papaya constitue un aliment de consommation humaine relativement répandue; vert, il est consommé pelé et cuit dans différentes préparations alimentaires.

Pour l'emploi contre les furoncles :

Laver la lésion avec de l'eau bouillie et du savon. Laver le fruit vert, le râper et appliquer 5 à 10 grammes de la matière végétale ainsi obtenue sur la peau de la zone affectée. Recouvrir d'une compresse ou d'un linge et changer toutes les 12 heures.

Pour l'emploi contre l'urétrite :

Se référer à l'usage rapporté au chapitre Emplois traditionnels significatifs TRAMIL, les informations scientifiques disponibles ne permettant pas de définir un dosage plus précis.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l'information disponible :

L'emploi contre les furoncles et l'urétrite est classé REC basé sur l'usage significatif traditionnel documenté par les enquêtes TRAMIL, les études de toxicité, la validation et l'information scientifique publiée.

Toute application topique doit se conformer à de strictes mesures d'hygiène pour empêcher la contamination ou une infection supplémentaire.

L'urétrite représentant un risque pour la santé, il est recommandé de prendre un avis médical au préalable. L'emploi de ce remède doit être considéré comme complémentaire du traitement médical, sauf contre-indication.

Ne pas employer la racine macérée avec des enfants de moins de 12 ans, ni avec des femmes enceintes ou allaitantes. Ne pas employer plus de 7 jours de suite, quel que soit le patient.

•Travail TRAMIL35

L'extrait aqueux de racine (macération, 100 g dans 500 mL d'eau), par voie orale (10 mL/kg) à des souris pendant 14 jours, n'a pas montré de signes de toxicité évidents.

•Travail TRAMIL36

Le fruit vert râpé appliqué sur le bas du dos (2 g/50 cm2) de 3 lapins New Zealandpendant 5 jours consécutifs n'a pas causé d'irritation dermique évidente.

L'extrait éthanolique du fruit vert par voie intrapéritonéale à des souris a atteint une DL50 = 325,2 mg/kg37.

L'extrait aqueux de graines a produit une stérilité irréversible sur des rats albinos mâles, par diminution de la mobilité des spermatozoïdes et par interférence motrice dans les vases déférents38.

Le latex est irritant et son ingestion peut provoquer des gastrites10.

La DL50 de la chimopapaïne par voie intraveineuse sur la souris a été de 79 mg/kg, sur le rat de 120 mg/kg, sur le lapin de 15 mg/kg et sur le chien de 16,7 mg/kg39.

La papaïne en inhalation a provoqué un emphysème pulmonaire sur le chien, le hamster et le rat40.

Après instillation in situ de la chimopapaïne pour le traitement des hernies discales, on a noté un choc anaphylactique sur 1% des patients soumis au traitement34.

Il existe plusieurs spécialités pharmaceutiques à base de papaïne à usage oral, externe et intradiscal, toutes avec une seule contre-indication : l'allergie à la papaïne.

On ne dispose pas d'information garantissant l'innocuité de son emploi médicinal par voie orale sur des enfants ou sur des femmes enceintes ou allaitantes.

Le fruit a été amplement étudié et contient, entre autres composants, des lipides : acide a-linolénique; benzénoïdes (0,03 µg/mg)3-4 : benzaldéhyde, salicylate de méthyle; composés soufrés (fruit vert 291 ppm5 et fruit mûr 1,4 µg/kg3), isothiocyanate de benzyle5; protéine : papaïne6. Egalement vitamines : particulièrement C, E2, A7; sels minéraux : potassium principalement8, calcium, fer, phosphore5; alcaloïdes : carpaïne, pyridine9; caroténoïdes : b-carotène, e-carotène, cryptoxanthine, lycopène10 et tanins7.

Le fruit contient des huiles essentielles :linalol, 6,7-époxylinalol, oxydes de cis et trans linalol, (Z)-b-ocimène, 2,6-diméthyloctanétriol et quatre isomères du 2,6-diméthyloctadiénédiol11.

Le latex du fruit possède des enzymes protéolytiques : papaïne, chimopapaïne A10,12, w-protéase8, substances soufrées : glucosinolates de benzyle10.

La racine contient des alcaloïdes : carpaïne13, isocarpaïne, déhydrocarpaïne I et II14-15.

Analyse proximale pour 100 g du fruit vert18 : calories : 26; eau : 92,1%; protéines : 1%; lipides : 0,1%; glucides : 6,2%; fibres : 0,9%; cendres : 0,6%; calcium : 38 mg; phosphore : 20 mg; fer : 0,3 mg; sodium : 7 mg; potassium : 215 mg; carotène : 15 µg; thiamine : 0,02 mg; riboflavine : 0,03 mg; niacine : 0,30 mg; acide ascorbique : 40 mg.

•Travaux TRAMIL19-20

L'extrait hydroalcoolique (1:1) de la racine (50 µL/disque) a montré une activité in vitro contre Neisseria gonorrhoeae, avec inhibition de 100% sur plaque d'agar-agar.

Les fractions protéiques purifiées obtenues séparément à partir d'endocarpe frais, d'épicarpe, de graines de fruit et de feuille fraîche préalablement râpés (2 mg/mL) ont montré une activité in vitro contre Bacillus cereus, Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa, Shigella flexneri etStaphylococcus aureus, sur plaque d'agar-agar, CIM = 1,5-4 mg/mL pour gram - et CIM = 0,2-0,3 mg/mL pour germes gram +21.

Le jus de la pulpe du fruit vert et de la graine (CIM = 500 µg/mL) ont montré un effet bactériostatique in vitro devant  Bacillus subtilis, Enterobacter cloacae, Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Proteus vulgaris, Pseudomonas aeruginosa, Salmonella typhi et Staphylococcus aureus sur plaque d'agar-agar22.

L'extrait éthanolique (95%) de racine a montré une activité antibactérienne in vitro contre Escherichia coli et Staphylococcus aureus sur culture sur plaque d'agar-agar23.

L'extrait aqueux a montré une activité in vitro contre Candida albicans, sur plaque d'agar-agar24.

Le latex a montré une activité antifongique in vitro devant Candida albicans (CL100 = 138 µg/mL)25.

Le latex et les extraits aqueux et d'éther de pétrole de racine ont été actifs in vitro contre Candida spp, l'extrait aqueux de feuille l'a été également contre Mycobacterium tuberculosis10.

La fraction protéique extraite de la pulpe du fruit a montré une activité in vitro contre Proteus vulgaris, Salmonella typhimurium et Streptococcus fecalis10.

Les extraits butanolique et alcool isopenthylique de feuille séchée, ont montré une activité spasmolytique sur l'iléon isolé de cobaye (0,2 mg/mL), ce qui n'a pas été le cas de l'extrait chloroformique26.

L'extrait méthanolique pur du fruit (2 mg/oreille), a montré un effet anti-inflammatoire sur le modèle d'instillation topique de 12-O-tétradécanoylphorbol-13-acétate (TPA) sur une oreille de souris27.

Le latex de fruit vert a protégé contre l'ulcère d'estomac induit expérimentalement et a diminué la sécrétion d'acide induite par histamine intraveineuse, sur des rats avec fistule gastrique chronique28.

L'extrait éthanolique de feuille séchée administré intrapéritonéalement au rat, a montré une activité analgésique (20 mg/kg), anticonvulsive (20 y 100 mg/kg), relaxante du muscle squelettique (50 mg/kg), chronotrope positive (200 mg/kg) et tranquillisante (10 mg/kg)29.

Dans le contexte clinique, la pulpe écrasée du fruit en application journalière sur des brûlures infectées a contribué à éliminer le tissu nécrosé, à contrôler l'infection et à favoriser la granulation du tissu. Ces effets seraient en rapport avec l'activité des enzymes protéolytiques (chimopapaïne et papaïne) et l'activité antimicrobienne de la pulpe30.

La carpaïne in vitro a inhibé des souches de Mycobacterium tuberculosis. On lui attribue une activité antitumorale, relaxante du muscle utérin, bronchodilatatoire sur le cobaye31 et amébicide32. En application externe on lui attribue le pouvoir d'accélérer la cicatrisation de blessures10.

On attribue à la papaïne, la protéolyse d'oxyures et de trichocéphales33, le pouvoir de favoriser la digestion des protéines et d'agir comme agent antitoxique sur les toxines diphtériques et tétaniques31.

La chimopapaïne permet le traitement des hernies discales par chimionucléolyse34.

Références :  

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Décharge

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