Canavalia ensiformis

nom scientifique : 
Canavalia ensiformis (L.) DC.
synonyme : 
Dolichos ensiformis L.
Famille : 

Distribution géographique

Amérique tropicale. Cultivée dans les régions tempérées et tropicales.

Description botanique

Plante annuelle arbustive, dressée, pouvant atteindre 2 m de haut. Feuilles à 3 folioles membraneuses, de forme ovale à ovée pouvant avoir de 6 à 12 cm de longueur. Fleurs au nombre de 10 à 20, de couleur rose, sur pédoncules. Fruit linéaire, légèrement incurvé pouvant atteindre 30 cm, avec 3 côtes longitudinales sur chaque valve. Graines ellipsoïdales, de 2 cm approximativement, blanches avec une petite tache brune.

Voucher(s)

Jiménez,16,JBSD

Rouzier,83,FMPH

brûlure :

  feuille, naturelle, en application locale3

mauvais oeil :

  feuille, en bains1-2

Pour les brûlures :

Se référer à l'usage rapporté au chapitre Emplois traditionnels significatifs TRAMIL, les informations scientifiques disponibles ne permettant pas de définir un dosage plus précis.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

L'usage contre le mauvais œil fait partie intégrante du fonds culturel de nos communautés et n'est pas classé dans les catégories définies par TRAMIL.

Selon l'information disponible :

L'emploi contre les brûlures est classé REC basé sur l'expérience traditionnelle de cet usage (OMS/WHO)4 documenté par son emploi significatif dans les enquêtes TRAMIL.

La littérature scientifique ne donne pas d'information pour la validation des effets attribués à la feuille pour son emploi contre les brûlures.

On ne dispose pas d'information de toxicité au niveau topique; on signale cependant les dangers liés à la consommation orale de la graine parvenue à maturité.

Toute application topique doit se conformer à de strictes mesures d'hygiène pour empêcher la contamination ou une infection supplémentaire.

Limiter son emploi traditionnel à des brûlures superficielles (lésion épidermique), peu étendues (moins de 10% de la surface corporelle), et localisées en dehors des zones à haut risque comme le visage, les mains, les pieds et les parties génitales.

Eviter l'ingestion des graines à cause du risque de toxicité.

Les données relatives à la toxicité sont contradictoires et probablement en relation avec le degré de maturité de la plante. Juste avant que ne commence l'étape de la maturation, la graine peut être ingérée sans risque, mais une fois la maturation terminée, elle durcit et augmente sa concentration en lectines (responsables de la toxicité). Dans ces conditions, sa consommation provoque l'apparition de diarrhée sévère, d'anorexie, de déshydratation, d'entérite, de néphrite, d'emphysème pulmonaire, et dans des cas extrêmes peut entraîner la mort14.

On ne dispose pas d'information garantissant l'innocuité de l'emploi topique de la feuille sur des enfants, ou sur des femmes enceintes ou allaitantes.

La feuillecontient des flavonoïdes : rutine et quercitrine5.

La graine contient des protéines : concanavaline A6 et canatoxine7; hétérosides cyanogénétiques qui libèrent de l'acide cyanhydrique (108 mg/kg)8; triterpènes : b-amyrine, citrostadiénol, gramistérol, lupéol9; lipides : acides arachidique, béhénique, docosanoïque, eicosanoïque, laurique, lignocérique, linoléique, linolénique, myristique, oléique, palmitique, palmitoléique, et stéarique; des stéroïdes : campestérol, stigmastérol, 28-iso-avénastérol, 5-déhydroavénastérol, 7-déhydroavénastérol9.

Analyse proximale de la feuille fraîche10 : protéines : 22,5%; lipides : 2,1%; glucides : 63,8%; fibres : 27,4%; cendres : 11,6%.

Sur le modèle de mastocytes péritonéaux de rat, la canatoxine favorise la libération d'histamine en fonction de la concentration et du temps11.

Les lectines de Canavalia ensinformis ont augmenté in vitro l'agrégation de neutrophiles humains et la libération cellulaire de peroxyde d'hydrogène12.

On attribue à la canatoxine un effet hypocholestérolémiant13.

Références :  

1 WENIGER B, ROUZIER M, 1986
Enquête TRAMIL. Service Oecuménique d'Entraide SOE, Port au Prince, Haïti.

2 WENIGER B, 1987-88
Encuesta TRAMIL. enda-caribe, Santo Domingo, Rep. Dominicana.

3 GERMOSEN-ROBINEAU L, GERONIMO M, AMPARO C, 1984
Encuesta TRAMIL. enda-caribe, Santo Domingo, Rep. Dominicana.

4 WHO, 1991
Pautas para la evaluación de medicamentos herbarios WHO/TRM/91.4 (original inglés). Programa de Medicina Tradicional, OMS, Ginebra, Suiza.

5 NAIR AGR, GUNASEGARAN R, JOSHI BS, 1982
Chemical investigation of certain south Indian plants. Indian J Chem 21B:979-980.

6 SATO A, BARCELLOS GBS, REIDEL EC, CARNEIRO A, CARLINI CR, ESQUIBEL MA, 1993
The presence of concanavalin A and canatoxin in Canavalia ensiformis DC tissue culture. Plant Cell Rep 12:233-236.

7 CARLINI CR, GUIMARAES JA, 1981
Isolation and characterization of a toxic protein from Canavalia ensiformis (jack bean) seeds, distinct from concanavalin A. Toxicon 19:667-675.

8 ELLIS N, BELMAR R, 1985
La composición química del grano deCanavalia ensiformis, su valor nutritivo y sus factores tóxicos (conferencia). Yucatán, México: 1º Reunión sobre la producción de C.ensiformis en sistemas pecuarios en Yucatán, Mérida.

9 GAYDOU EM, VIANO J, BOURREIL PJ, 1992
Canavalia ensiformis neutral lipids, a rich source of lupeol. J Am Oil Chem Soc69(5):495-497.

10 DUKE JA, ATCHLEY AA, 1986
Handbook of proximate analysis tables of higher plants. Boca Raton, USA: CRC Press. p34.

11 GRASSI-KASSISSE DM, RIBEIRO-DASILVA G, 1992
Canatoxin triggers histamine secretion from rat peritoneal mast cells. Agents Actions 37(3-4):204-209.

12 TIMOSHENKO AV, CHERENKEVICH SN, 1995
H2O2 generation and human neutrophil aggregation as affected by lectins. Gematol Transfuziol 40(4):32-35.

13 MARFO EK, WALLACE P, TIMPO G, SIMSON BK, 1990
Cholesterol lowering effect of jack bean (Canavalia ensiformis) seed protein. Gen Pharmacol 21(5):753-757.

14 CONTRERAS A, ZOLLA C, 1982
Plantas tóxicas de México. México, México: Instituto Mexicano de Seguro Social.

Décharge

L'information ici présentée s'adresse, à des fins pédagogiques, au grand public ainsi qu'aux professionnels de santé. Elle n'a pas la prétention de se substituer à quelque règle ou disposition légale que ce soit. Compte tenu du fait que certaines parties de plantes peuvent, le cas échéant, présenter une toxicité, ou avoir des effets nocifs, ou encore provoquer une interaction avec des médicaments, toute personne désireuse d'utiliser ces moyens thérapeutiques ou leurs produits dérivés doit consulter un médecin ou un autre professionnel de santé qualifié. TRAMIL n'est aucunement responsable pour l'utilisation qui pourrait être faite, dans le cadre d'une quelconque décision, action ou omission, de l'information contenue dans cette Pharmacopée.