Pimenta racemosa

nom scientifique : 
Pimenta racemosa (Mill.) J.W. Moore
Famille : 

Distribution géographique

Originaire du nord de l’Amérique du Sud et des Antilles, cultivée sous les tropiques.

Description botanique

Arbre pouvant atteindre 15 m de haut, écorce blanchâtre et douce, bois dur et lourd. Feuilles obovées ou elliptiques, obtuses, à nervation finement réticulée, avec un court pétiole. Panicules avec fleurs blanches glanduleuses; calice à 5 lobes. Fruit ovoïde, noir une fois parvenu à maturité.

Voucher(s)

Jiménez,60,JBSD

maux de dent :

feuille écrasée, en application, associée à Allium sativum et Syzygium aromaticum1

rhumatismes :

  feuille, extrait de l’huile, massage local2

La feuille de Pimenta racemosa est une source industrielle d’huile essentielle.

Contre le mal de dents :

Laver soigneusement la feuille, l’écraser avec un bouton floral non encore ouvert et séché de Syzygium aromaticum (clou de girofle) et une gousse de Allium sativum (ail); appliquer 5-10 grammes de matière végétale ainsi préparée sur la dent affectée, 2-3 fois par jour17.

Contre les rhumatismes :

Laver soigneusement la feuille, l’écraser, prendre 30 grammes de matière végétale et frictionner pendant 2-5 minutes la peau de la zone affectée, 2 fois par jour17.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l’information disponible :

L’emploi contre le mal de dents est classé REC sur la base de l’usage significatif traditionnel documenté par les enquêtes TRAMIL et l’information scientifique publiée.

Toute application locale doit se conformer à de strictes mesures d’hygiène pour éviter la contamination et une infection supplémentaire.

L’emploi de ce remède contre le mal de dents doit être considéré comme un complément au traitement odontologique.

L’emploi contre les rhumatismes est classé REC sur la base de l’expérience traditionnelle de l’usage (OMS/WHO)3 documenté par son emploi significatif dans les enquêtes TRAMIL.

La feuille peut produire des réactions d’hypersensibilité.

Ne pas employer avec des enfants de moins de 5 ans, ni avec des femmes enceintes ou allaitantes.

•Travail TRAMIL14

La DL50, obtenue après administration par voie intrapéritonéale à la souris de décoction aqueuse (10 minutes) de feuille séchée et moulue, neutralisée chimiquement à pH7, avec une observation de 10 jours, a été de 2,08 ± 0,27 g/kg.

Administrée par voie orale à la souris, quotidiennement et pendant 30 jours (18,75, 12,5 et 6,25 g/kg), la décoction n’a provoqué de toxicité apparente. Les doses ont été exprimées en g de matière végétale sèche.

•Travail TRAMIL4

L’étude de la toxicité aiguë de l’huile essentielle issue de la plante entière, a montré que son ingestion en petite quantité (dose non létale) provoquait des lésions, particulièrement dans l’appareil digestifaprès ingestion par la souris. A des doses plus fortes, l’observation anatomopathologique a montré la présence d’ulcères ouverts, une nécrose de l’estomac et une hémorragie intestinale.

La DL50 de l’huile essentielle de plante entière administrée oralement à la souris a été de 443 mg/kg.

L’extrait aqueux de feuille in vitro n’a pas eu d’effet mutagène13.

La DL50 de l’eugénol administré oralement au rat, a été de 2,68 g/kg. Administré à la souris, elle a été de 3 g/kg15.

L’eugénol contenu dans l’huile essentielle est irritant et peut induire des réactions d’hypersensibilité16.

On ne dispose pas d’information permettant d’établir l’innocuité de son emploi médicinal avec des enfants, ni avec des femmes enceintes ou allaitantes.

La feuille contient de l’huile essentielle : eugénol, iso-eugénol-trans-méthyl éther, 1-8 cinéol, thymol, limonène, ɣ-terpinène, ρ-cymén-8-ol, myrcène, trans-sabinène, α-terpinène, chavicol3-4.

L’huile essentielle de la feuille contient 3-diméthoxyallilbenzène et constitue 1-3% du poids du végétal frais5.

Il existe 3 variétés très proches du point de vue chimiotaxonomique, la plus commune étant la variété grisea, les deux autres diffèrent par l’odeur de la feuille et, de ce fait, par la nature des huiles essentielles qu’elles contiennent. L’huile essentielle de la feuille contient 3-diméthoxyallilbenzène et constitue 1-3% du poids du végétal frais.

Pour la variété grisea, les constituants chimiques peuvent être classés en trois groupes :

-hydrocarbures monoterpéniques : myrcène (majoritaire), allo-cymène, limonène, α-phélandrène, dipentène (minoritaires); - monoterpènes aldéhydiques : citral, citronellal et géranial et -éthers phénoliques : eugénol (majoritaire), méthyl-eugénol, chavicol, 3-4 diméthoxyallilbenzène, méthyl chavicol (minoritaires).

Cette composition reste relativement constante en fonction du lieu ou de la période de récolte.

La variété sentant le citral est très riche de ce composant et contient peu d’eugénol. La variété sentant l’anis ne contient pas non plus de quantités appréciables d’eugénol et est caractérisée par son contenu en dérivés du chavicol et du méthyl-eugénol4-5.

La distillation à la vapeur de la branche de grisea donne un maximum de 4% d’huile essentielle, dont le composant majoritaire est l’eugénol (environ 56%), le chavicol (22%) et le myrcène (21%); tandis que les variétés anisées contiennent approximativement 43% de méthyl-eugénol et 32% de méthyl-chavicol. Les variétés avec prédominance de l’odeur citronnée se caractérisant par un contenu où domine le citral, lequel peut dépasser 80% du contenu total de l’huile essentielle6.

On attribue à l’huile essentielle une activité antifongique in vitro, contre Microsporum canis, à une concentration de 100 ppm; Trichophyton interdigitale, T. mentagrophytes, T. rubrum et Candida albicans à 200 ppm, et Aspergillus fumigatus à 400 ppm7.

L’huile essentielle administrée oralement à des souris (30 mg/animal), n’a pas induit les glutathion S-transférases8.

Des propriétés antiseptiques, anesthésique locale, analgésique dentaire, spasmolitique, parasympathicholitique et vasodilatatrice périphérique ainsi qu’une activité contre Trichomonas vaginalis sont attribuées à l’eugénol9-11.

On a constaté que le 3-4 diméthoxyallilbenzène exerçait une activité calmante et narcotique sur des modèles expérimentaux avec des souris et des poissons; et qu’il protégeait contre les convulsions induites par strychnine12-13.

Références :  

1 GERMOSEN-ROBINEAU L, GERONIMO M, AMPARO C, 1984 Encuesta TRAMIL. enda-caribe, Santo Domingo, Rep. Dominicana.

2 CHARLES C, 1988 TRAMIL survey. Movement for Cultural Awareness MCA, Roseau, Dominica.

3 WHO, 1991 Guidelines for the assessment of herbal medicines. WHO/TRM/91.4. Programme on Traditional Medicines, WHO, Geneva, Switzerland.

4 BOURGEOIS P, 1986 Rapport concernant Pimenta racemosa (Myrtacées). Rapport TRAMIL. Laboratoire de phytochimie, Faculté des Sciences, UAG, Guadeloupe.

5 FURIA T, BELLANCA N, 1971 Fenaroli's handbook of flavour ingredients. Cleveland, USA: The Chemical Rubber Co.

6 LEUNG AY, FOSTER S, 1980 Encyclopedia of common natural ingredients used in food, drugs and cosmetics. New York, USA: Wiley Interscience.

7 CHAUMONT J, BARDEY I, 1989 In vitro antifungal activity of essential oils. Fitoterapia 60(3):263-266.

8 LAM L, ZHENG B, 1991 Effects of essential oils on glutathione S-transferase activity in mice. J Agric Food Chem 39(4):660-662.

9 NEGWER M, 1987 Organic chemical drugs and their synonyms (an international survey), 6th ed. Berlin, Germany: Akademie Verlag.

10 DUKE JA, 1992 Handbook of biologically active phytochemicals and their bioactivities. Boca Raton, USA: CRC Press.

11 DE SOUSA M, Matos ME, Matos FJ, MACHADO MI, CRAVEIRO AA,1991 Constituintes químicos ativos de plantas medicinais Brasileiras. Fortaleza, Brasil: Ceará Edições UFC Laboratorio de produtos naturais.

12 MAC GREGOR JT, LAYTON LL, BUTTERY RG, 1974 California bay oil. II. Biological effects of constituents. J Agric Food Chem 22(5):777-780.

13 UNGSURUNGSIE M, SUTHIENKUL O, PAOVALO C, 1982 Mutagenicity screening of popular Thai spices. Food Chem Toxicol 20(5):527-530.

14 HERRERA J, 1988 Determinación de actividades biológicas de vegetales utilizados en medicina tradicional. Informe tramil. Dep. de Farmacología, Facultad de Salud, Universidad del Valle, Cali, Colombia.

15 BUDAVARI S (Ed.), 2001 The Merck Index: an encyclopedia of chemicals, drugs, and biologicals. 30th ed. Whitehouse Station, USA: Merck & Co., Inc. p690.

16 REYNOLDS J (Ed.), 1996 Martindale: The extra pharmacopoeia. 31st ed. London, England: The Royal Pharmaceutical Society. p1705.

17 CARBALLO A, 1995 Cálculo de concentración y dosis de las drogas vegetales TRAMIL: Mensuraciones farmacognósticas y aproximaciones técnico-clínicas. Laboratorio provincial de producción de medicamentos, Sancti Spiritus, Cuba.

Décharge

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