Abelmoschus esculentus

nom scientifique : 
Abelmoschus esculentus (L.) Moench
synonyme : 
Hibiscus esculentus L.
Famille : 

Distribution géographique

Plante originaire de l'Ancien Monde; cultivée dans les régions tropicales et subtropicales.

Description botanique

Herbacée annuelle, ligneuse à la base, pouvant atteindre 3-4 mètres, sans ramifications. Feuilles orbiculaires, de 10 à 30 cm, 5-7 lobulées; lobules de lancéolés à ovoïdes dentelés, aigus ou obtus. Fleur à calice de 2 cm, pétales jaunes avec taches pourpres au centre, de 3-4 cm. Fruit capsulaire anguleux pouvant atteindre 20 cm, acuminé, visqueux.

Voucher(s)

Jiménez,683,JBSD

affections oculaires :

fruit, macération, lavages oculaires1

furoncle :

fruit, écrasé, en application locale2

Les fruits d'Abelmoschus esculentus constituent un aliment dont la consommation humaine est relativement étendue.

•Travail TRAMIL23

Emploi pour affections oculaires :

Veiller à soigneusement laver et nettoyer le fruit, et à éliminer son duvet extérieur; hacher menu 4-5 morceaux des fruits de taille moyenne (5 cm) et les ajouter à 1 litre (4 tasses) d'eau bouillie, laisser reposer jusqu'à l'obtention d'une texture mucilagineuse, filtrer la préparation avant d'opérer un lavage oculaire toutes les 2 ou 4 heures.

Emploi pour furoncles :

Veiller à soigneusement laver et nettoyer le fruit, et à éliminer son duvet extérieur. Laver la lésion avec de l'eau bouillie et du savon, appliquer de 2 à 5 g du fruit écrasé sur la partie affectée. Recouvrir avec une compresse ou un linge propre et changer toutes les 12 heures.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l'information disponible :

L'usage pour les affections oculaires et les furoncles est classé REC en fonction, de l'emploi significatif traditionnel documenté dans les enquêtes TRAMIL, et l'information scientifique publiée.

Toute application topique et en particulier sur les yeux doit se plier aux plus strictes règles d'hygiène, afin d'empêcher une contamination, une infection supplémentaire, ou le contact avec des substances irritantes pour la conjonctive.

En cas de conjonctivite, on risque d'augmenter l'irritation par l'application du fruit macéré par lavages oculaires.

Si l'état du patient se détériore, ou si les symptômes oculaires persistent au delà de trois jours, il faut consulter un médecin.

En ce qui concerne son emploi dans le cas d'affections oculaires ou de furoncles, bien veiller à soigneusement laver et nettoyer le fruit, et à éliminer le duvet extérieur; en effet, celui-ci peut provoquer une irritation de la peau et des muqueuses.

On attribue la dermatite par contact, observée sur des travailleurs agricoles à la sécrétion de la surface du fruit non mature20.

Une dermatite a été observée sur la peau de travailleurs agricoles ayant été en contact avec le lait sécrété par la surface du fruit immature20. De même, le duvet du fruit peut provoquer une irritation cutanée21. Ce duvet peut causer une dermatite par contact due à des réactions d'hypersensibilité de type immédiat à l’IgE. Les personnes en contact ont montré des réactions positives à l'administration intra-dermique et nasale d'extrait du fruit22.

On ne dispose d’aucune information pouvant garantir l’inocuité de ce remède administré aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes.

Le fruit est riche en phosphore et en calcium3. Il contient également des hydrates de carbone : mucilages4 : acides aminés : alanine, arginine et acide γ-aminobutyrique5; terpènes : gibbérellines6, caroténoïdes7, gossypol et hémigossypol8; lipides : acides gras saturés et insaturés9; flavonoïdes : quercétine, et 3',4' diméthoxyquercétine11; huile essentielle : citral12; curamine : scopolétine10; miscellanées : acide oxalique 0,05% et vitamines : C et B613.

Analyse proximale pour 100 gr. du fruit14 : calories : 36; eau : 88,9%; protéines : 2,4%; lipides : 0,3%; glucides : 7,6%; fibres : 1%; cendres : 0,8%; calcium : 92 mg; phosphore : 51 mg; fer : 0,6mg; sodium : 3 mg; potassium : 249 mg; carotène : 312 µg; thiamine : 0,17 mg; riboflavine : 0,21 mg; niacine : 1 mg; acide ascorbique : 31 mg.

Recherche TRAMIL24

L’extrait aqueux (decoction) de jeune feuille, n’a pas montré d’activité antimicrobienne in vitro à concentration de 1000 µg/mL contre Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa, Salmonella gallinarum, Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Candida albicans ni Mycobacterium smegmatis.

Recherche TRAMIL25

L’extrait aqueux (macération) du fruit, n’a pas montré d’activité antimicrobienne in vitro a concentration de 252 µg/mL contre Staphylococcus aureus ni Haemophilus influenzae.

L'extrait éthanolique (95%) du fruit sec non dilué15, et l'extrait du fruit sec (1 g/100 mL d'éthanol 95%) en application de 0,1 mL/plaque de culture16 ont montré une activité antibactérienne contre Staphylococcus aureus par diffusion sur plaque d'agar-agar.

La teinture hydroalcoolique du fruit (éthanol 50%) à une concentration de 50 µL/disque a été active in vitro face à Neisseria gonorrhoeae avec une inhibition de 80% par diffusion sur plaque d'agar-agar17-18.

L'extrait méthanolique du fruit a montré une action antiinflammatoire locale (2 mg/oreille) sur le modèle d'inflammation induite par l'acétate de 12-O-tétradécanoïlphorbol (TPA) sur des souris19.

La sécrétion de la surface externe du fruit non mature a montré une activité protéolytique enzymatique et a augmenté la perméabilité capillaire in vivo sur la peau de cobayes. Ces actions ont disparu par chauffage20.

Références :  

1 WENIGER B, 1987-88
Encuesta TRAMIL. enda-caribe, Santo Domingo, Rep. Dominicana.

2 CHARLES C, 1988
TRAMIL survey. Movement for Cultural Awareness MCA, Roseau, Dominica.

3 BASU KP, GHOSH D, 1943
Availability of Ca in lady's finger (Hibiscus esculentus), cabbage (Brassica oleracea capitata), drumstick (Moringa oleifera), and amaranth tender (Amaranthus gangeticus). I. Experiments. Indian J Med Res 31:29.

4 WOOLFE ML, CHAPLIN MF, OTCHERE G, 1977
Studies on the mucilages extracted from okra fruits (Hibiscus esculentus) and baobab leaves (Adansonia digitata). J Sci Food Agr28:519.

5 DEMETRIADES SD, 1956
Chromatographic detection of free amino-acids in normal iron-deficient plants of Hibiscus esculentus. Nature 177:95.

6 KOSHIOKA M, NISHIJIMA T, YAMAZAKI H, 1996
Endogenous gibberellins in the immature seeds of okra. J Plant Physiol 149(1-2):129-132.

7 BUREAU JL, BUSHWAY RJ, 1986
HPLC determination of carotenoids in fruits and vegetables in the United States. J Food Sci(51)1:128-130.

8 SCHMIDT JH, WELLS R, 1990
Evidence for the presence of gossypol in malvaceous plants other than those in the "cotton tribe". J Agr Food Chem 38(2):505-508.

9 BERRY SK, 1980
The fatty acid composition and cyclopropene fatty acid content of the maturing okra (Hibiscus esculentus L.) fruits. Pertanika3(2):82-86.

10 BANDYUKOVA VA, LIGAI LV, 1987
A chemical investigation of the fruit of Abelmoschus esculentus. Chem Nat Comp 23(3):376-377.

11 DANIEL M, 1989
Polyphenols of some Indian vegetables. Curr Sci 58(23):1332-1334.

12 OSMAN AM, YOUNES MEG, ATA FM, 1974
Chemical examinations of local plants: Part X. Comparative studies between the constituents of some parts of Hibiscus esculentus (Egyptian okra). Indian J Chem 12:1019A.

13 DUKE JA, 1992
Handbook of phytochemical constituents of GRAS herbs and other economic plants. Boca Raton, USA: CRC Press.

14 DUKE JA, ATCHLEY AA, 1986
Handbook of proximate analysis tables of higher plants. Boca Raton, USA: CRC Press. p7.

15 GEORGE M, PANDALAI KM 1949
Investigation on plant antibiotics. Part IV. Further search for antibiotic substances in Indian medicinal plants. Indian J Med Res 37:169-181.

16 VERPOORTE R, DIHAL PP, 1987
Medicinal plants of Surinam. IV. Antimicrobial activity of some medicinal plants. J Ethnopharmacol 21(3):315-318.

17 CACERES A, MENENDEZ H, MENDEZ E, COHOBON E, SAMAYAO BE, JAUREGUI E, PERALTA E, CARRILLO G, 1992
Antigonorrhoeal activity of plants used in Guatemala for the treatment of sexually transmitted diseases. Facultad de Ciencias Químicas y Farmacia, Universidad de San Carlos, Guatemala, Guatemala. TRAMIL VI, Basse Terre, Guadeloupe, UAG/enda-caribe.

18 CACERES A, MENENDEZ H, MENDEZ E, COHOBON E, SAMAYAO BE, JAUREGUI E, PERALTA E, CARRILLO G, 1995
Antigonorrhoeal activity of plants used in Guatemala for the treatment of sexually transmitted diseases. J Ethnopharmacol 48(2):85-88.

19 YASUKAWA K, YAMAGUCHI A, ARITA J, SAKURAI S, IKEDA A, TAKIDO M, 1993
Inhibitory effect of edible plant extract on 12-O-tetradecanoylphorbol-13-acetate-induced ear oedema in mice. Phytother Res 7(2):185-189.

20 MANDA F, TADERA K, AOYAMA K, 1992
Skin lesions due to okra (Hibiscus esculentus L.): proteolytic activity and allergenicity of okra. Contact Derm 26(2):95-100.

21 MORTON JF, 1981
Atlas of medicinal plants of Middle America. Springfield, USA: Charles C. Thomas Publisher.

22 UEDA A, MANDA F, AOYAMA K, UEDA T, OBAMA K, LI Q, TOCHIGI T, 1993
Immediate-type allergy related to okra (Hibiscus esculentus L.) picking and packing. Environ Res 62(2):189-199.

23CARBALLO A, 1995
Plantas medicinales del Escambray cubano. Apuntes científicos. Informe TRAMIL. Laboratorio provincial de producción de medicamentos, Sancti Spiritus, Cuba.

24 Olmedo D, RODRIGUEZ N, ESPINOSA A, VASQUEZ Y, Gupta MP, 2005
Ensayo antimicrobiano de algunas especies con usos significativos TRAMIL-Centroamérica. Informe TRAMIL. Centro de Investigaciones Farmacognósticas de la Flora Panameña CIFLORPAN, Facultad de Farmacia, Universidad de Panamá, Panamá, Panamá.

25 LUCIANO-MONTALVO C, GAVILLAN-SUAREZ J, 2009
Actividades antimicrobianas de partes de plantas con usos significativos en encuestas etnofarmacológicas TRAMIL.Informe TRAMIL,Instituto de Investigaciones Interdisciplinarias, Cayey, Universidad de Puerto Rico.

Décharge

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