Manihot esculenta

nom scientifique : 
Manihot esculenta Crantz
Famille : 

Distribution géographique

Originaire du Brésil, très largement cultivée sous les tropiques.

Description botanique

Herbe ou plante subfrutescente de 1 à 3 m, à grandes racines tubéreuses. Feuilles alternes, glabres, palmées de 3 à 7 lobes linéaires à elliptiques ou oblancéolés, acuminés, à surface inférieure glauque. Inflorescences en panicules terminales; fleurs à pétales en racèmes composés; fleurs mâles et femelles distinctes. Capsule déhiscente de 1,5 cm, subarrondie, rugueuse, légèrement ailée.

Voucher(s)

Rouzier,63,SOE

Jiménez,1523,JBSD

mal de tête :

  feuille, écrasée, en application locale1

champignons (mycose interdigitale) :

  feuille, écrasée, en cataplasme2

La racine cuite de Manihot esculenta constitue un aliment de consommation humaine répandu.

Contre les champignons (mycose interdigitale) et les maux de tête :

Laver soigneusement la feuille, l’écraser, prendre 5-10 grammes de la matière végétale et appliquer sur la peau de la zone affectée 2 fois par jour.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l’information disponible :

L’emploi contre les maux de tête et la mycose interdigitale est classé REC sur la base de l’expérience traditionnelle de l’usage (OMS/WHO)3 documenté par son emploi significatif dans les enquêtes TRAMIL.

L’application locale, contre les champignons (mycose interdigitale), doit se conformer à de strictes mesures d’hygiène afin d’empêcher la contamination ou une infection supplémentaire.

La feuille peut produire des réactions d’hypersensibilité.

Manihot esculentane doit pas être consommée par des personnes souffrant de troubles de la thyroïde4.

•Travail TRAMIL20

Le tubercule frais raclé (0,6 g) a été appliqué en patch de 6 cm2 sur la peau du lapin New Zealand mâle. Le patch a été retiré après 4 heures et les lectures à la recherche d'œdème et d'érythème après 24, 48 et 72 heures ont été négatives.

•Travail TRAMIL21

Le jus lyophiliséde feuille fraîche pilée-froissée, à concentration de 500 mg/mL d'eau, appliqué topiquement (0,5 mL) 4 heures par jour durant 5 jours consécutifs sur 5 cm2 de peau (poils coupés) du dos de 3 lapins New Zealand, avec contrôle contra latéral, selon le protocole EPA870.2500, n'a pas provoqué d'œdème ni d'érythème durant l'essais ni les 11 jours d'observation suivant.

La consommation de la plante entière fraîche est toxique pour l’être humain17.

La cuisson permet de détruire l’enzyme b-glucosidase chargée de décomposer par hydrolyse les glucosides cyanogénétiques en acide cyanhydrique18.

La décoction de feuille fraîche administrée oralement à des doses variables n’a pas montré de toxicité générale sur l’être humain adulte19.

On ne dispose pas d’information garantissant l’innocuité de son emploi médicinal sur des enfants, ni sur des femmes enceintes ou allaitantes.

La feuille contient de l’acide cyanhydrique (0,1-0,21 mg/g)5; des acides organiques : oxalique6; des flavonoïdes : amentoflavone, podocarpus-flavone7, dérivés de quercétine8.

La racine a été amplement étudiée et contient, entre autres composants, des diterpènes9, des coumarines, des acides organiques10, des glucosides cyanogènes: linamarine9-11.

Analyse proximale pour 100 g de feuille12 : calories : 60; eau : 81 g; protéines : 6,9g; lipides : 1,3 g; glucides : 9,2 g; fibres : 2,1 g; cendres : 1,6 g; calcium : 144 mg; phosphore : 68 mg; fer : 2,8 mg; sodium : 4 mg; potassium : 409 mg; ß-carotène : 8280 µg; thiamine : 0,16 mg; riboflavine : 0,32 mg; niacine : 1,80 mg; acide ascorbique : 82 mg.

•Travail TRAMIL13

Le jus de feuille fraîche (2 mg/mL) n’a pas été actif sur Bacillus subtilis ATCC6051, Staphyloccocus aureus, Candida albicans, Cryptococcusneoformans, Mycobacterium smegmatis ATCC607, Trichophyton rubrum, Microsporum gypseum, ni sur Aspergillus flavus.

L’extrait aqueux de parties aériennes séchées a été actif sur Microsporum canis et inactif sur M. fulvum, M. gypseum et Trichophyton gallinae14.

L’extrait d’acétate d’éthyle de parties aériennes séchées (< 0,13 mg/mL) a eu une action fongicide sur Microsporum canis, M. fulvum, M gypseum et Trichophyton gallinae14. Ces deux extraits (1 mg/disque) ont été inactifs contre Candida albicans et Saccharomyces cerevisiae14.

L’extrait éthanolique de feuille a inhibé in vitro des souches de Staphylococcus aureus (1 mg/mL), des champignonsMicrosporum canis, M. fulvum, M. gypseum et Trichophyton gallinae (0,13 mg/mL) et duSindbisvirus (5,2 µg/mL)14.

L’extrait aqueux (0,18 µg/mL) a été actif in vitro surCitomegalovirus14.

La feuille fraîche a inhibé la synthèse de protéines in vitro, avec une concentration inhibitrice moyenne IC50 = 0,75 µg/mL15.

L’extrait aqueux de racine séchée (100 mg/kg) a montré une activité antitumorale chez la souris16.

Références :  

1 WENIGER B, ROUZIER M, 1986 Enquête TRAMIL. Service Oecuménique d'Entraide SOE, Port au Prince, Haïti.

2 LONGUEFOSSE JL, NOSSIN E, 1990-95 Enquête TRAMIL. Association pour la valorisation des plantes médicinales de la Caraïbe AVPMC, Fort de France, Martinique.

3 WHO, 1991 Guidelines for the assessment of herbal medicines. WHO/TRM/91.4. Programme on Traditional Medicines, WHO, Geneva, Switzerland.

4 LINDNER E, 1995 Toxicología de los alimentos. 4ª ed. Madrid, España: Editorial Acribia S.A. p688.

5 ROSA DE BATTISTI C, TELES F, COELHO D, JOSE DA SILVEIRA A, BATISTA C, 1981 Determination of hydrogen cyanide toxicity and total soluble carbohydrates in cassava (Manihot esculenta Crantz). Rev Ceres 28:521-525.

6 VALYASEVI A, DHANAMITTA S, 1974 Studies of bladder stone disease in Thailand. XVII. Effect of exogenous sources of oxalate on crystalluria. Amer J Clin Nutr 27(8):877-882.

7 KAMIL M, ILYAS M, RAHMAN W, OKIGAWA M, KAWANO N, 1994 Biflavones from Manihot utilissima. Phytochemistry 13(11):2619-2620.

8 SUBRAMANIAN S, NAGARAJAN S, SULOCHANA N, 1971 Flavonoids of some Euphorbiaceous plants. Phytochemistry 10:2548-2549.

9 SAKAI T, NAKAGAWA Y, 1988 Diterpenic stress metabolites from cassava roots. Phytochemistry 27(12):3769-3779.

10 LA LAGUNA F, 1993 Purification of fresh cassava root polyphenols by solid-phase extraction with Amberlite xad-8 resin. J Chromatogr A 657(2):445-449.

11 LYKKESFELDT J, MOLLER BL, 1994 Cyanogenic glucosides in cassava, Manihot esculenta Crantz. Acta Chem Scand 48(2):178-180.

12 DUKE JA, ATCHLEY AA, 1986 Handbook of proximate analysis tables of higher plants. Boca Raton, USA: CRC Press.

13 CACERES A, 2000 Actividad antibiótica in vitro del zumo de hoja fresca deManihot esculenta. Informe TRAMIL. Facultad de Ciencias Químicas y Farmacia, Universidad de San Carlos USAC, Guatemala, Guatemala.

14 MACRAE WD, HUDSON JB, TOWERS GH, 1988 Studies on the pharmacological activity of Amazonian Euphorbiaceae. J Ethnopharmacol 22(2):143-172.

15 GASPERI-CAMPANI A, BARBIERI L, BATTELLI MG, STIRPE F, 1985 On the distribution of ribosome-inactivating proteins amongst plants. J Nat Prod 48(3):446-454.

16 ITOKAWA H, HIRAYAMA F, TSURUOKA S, MIZUNO K, TAKEYA K, NITTA A, 1990 Screening test for antitumor activity of crude drugs (III). Studies on antitumor activity of Indonesian medicinal plants. Shoyakugaku Zasshi 44(1):58-62.

17 FERNANDO R, 1988 Plant poisoning in Sri Lanka. Toxicon 26(1):20.

18 ALONSO J, 1998 Tratado de fitomedicina. Bases clínicas y farmacológicas. Buenos Aires, Argentina: ISIS ediciones SRL. p687.

19 MADUAGWU EN, UMOH IB, 1982 Detoxification of cassava leaves by simple traditional methods. Toxicol Lett 10(2-3):245-248.

20 LOPEZ M, MARTINEZ MJ, MOREJON Z, BOUCOURT E, FUENTES V, MORON F. 2005 Irritabilidad dérmica primaria de tubérculo fresco rayado de Manihot esculenta Crantz. Informe TRAMIL. Laboratorio Central de Farmacología, Facultad de Medicina “Dr. Salvador Allende”, Cerro, C. Habana, Cuba.

21 PAZOS L, COTO T, GONZALEZ S, 2006 Irritabilidad dérmica, piel sana en conejos, de hoja machacada de Manihot esculenta. Informe TRAMIL. Laboratorio de Ensayos Biológicos, LEBi, Universidad de Costa Rica, San Pedro, Costa Rica.

Décharge

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