Mentha sp.

Famille : 

Distribution géographique

Originaire d’Europe, actuellement cultivée dans le monde entier.

Description botanique

Herbacéepérenne, aromatique. Tiges dressées ou ascendantes de 30 à 90 cm, ramifiées, glabres. Feuilles lancéolées, aiguës, limbe gaufré. Fleurs en longs épis terminaux, de 2,5 à 7,5 cm, celle du centre étant dépassée par les fleurs latérales; calice glabre, avec dents aiguës, en général ciliées; corolle pourpre, rarement blanche, glabre.

L’existence de variétés à l’intérieur de l’espèce peut nuancer la description botanique typique indiquée ci-dessus.

Voucher(s)

Jiménez,1505,JBSD Gimenez,275710-38,VEN Soberats,TR90-09,CIFMT FLORPAN,s/n,PMA

Nous n'avons pas d'illustrations, et vous ?
tramilweb@gmail.com

diarrhée :

feuille, décoction ou infusion, voie orale1

flatulence :

feuille, décoction ou infusion, voie orale3-4,37

grippe :

feuille, décoction ou infusion, voie orale5-6,38

vomissement :

feuille, décoction (parfois avec du sel) ou infusion, voie orale1,5

rhume :

feuille, décoction ou infusion, voie orale5-6,38

douleur d'estomac :

feuille, infusion, voie orale2

indigestion :

feuille, décoction ou infusion, voie orale3-4,37

La feuille de Mentha spicataest un condiment de consommation humaine relativement répandue et Mentha piperitaconstitue une source industrielle d’huile essentielle.

Contre les douleurs d’estomac :

Préparer une infusion en ajoutant 250 mL (1 tasse) d’eau bouillanteà 1,5-3 grammes (1 cuillerée) de feuille séchée. Couvrir le récipient et laisser reposer 5-10 minutes avant de filtrer.

Contre la diarrhée, la flatulence, l’indigestion, la grippe, le rhume et les vomissements :

Préparer une décoction ou une infusion avec 1,5-3 grammes (1 cuillerée) de feuille séchée dans 250 mL (1 tasse) d’eau. Pour la décoction, faire bouillir en couvrant pendant au moins 10 minutes; pour l’infusion, ajouter l’eau bouillante aux 3 grammes de feuille séchée, couvrir et laisser reposer 5-10 minutes avant de filtrer.

Dans tous les cas, boire 2-4 tasses par jour, ou prendre au moment requis par l’indication symptomatique32-33.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l’information disponible :

L’emploi contre la diarrhée, les maux d’estomac, la flatulence, l’indigestion, la grippe, le rhume et les vomissements est classé REC sur la base de l’usage significatif traditionnel documenté par les enquêtes TRAMIL et l’information scientifique publiée.

En cas de diarrhée, ce remède est considéré comme complémentaire à la thérapie de réhydratation orale.

Si l’état du patient se détériore, ou si la diarrhée ou les maux d’estomac durent plus de 3 jours pour les adultes (plus de 2 jours pour un enfant de plus de 3 ans), ou encore si les vomissements persistent au-delà de 2 jours, consulter un médecin.

Eviter son ingestion en cas d’affections de la vésicule biliaire ou de calculs7.

Ne pas employer avec des enfants de moins de 5 ans, ni avec des femmes enceintes ou allaitantes.

•Travail TRAMIL34

L'extrait aqueux (décoction 30%) de feuille fraîche de Mentha nemorosa (rendement: 0,51 mg/mL), voie orale au rat, dose unique (2 mL/100 g de poids corporel; équivalent à 6 g de matériel végétal/kg), selon le modèle de toxicité aigüe, n’a pas provoqué la mort ni de signes évidents de toxicité dans les 24 heures ni les 14 jours d’observation, et n’a pas mis de changement en évidence lors des études histopathologiques.

•Travail TRAMIL35-36

L'extrait aqueux (décoction 30%) de feuille fraîche de Mentha x piperita varcitrata, voie orale, au ratSprague-Dowley(3 femelles et 3 mâles, poids moyen 266 g) et à la souris Swiss OF1 (30 femelles y 30 mâles), doses uniques (2000 et 5000 mg/kg), groupes témoins recevant de l'eau distillée, selon le modèle de toxicité aigüe, n’a pas provoqué la mort ni de signes évidents de toxicité (excepté une éphémère piloérection) dans les 24 heures ni les 14 jours d’observation, et n’a pas mis de changement en évidence lors des études histopathologiques des organes vitaux.

La teinture(1 kg de matière végétale sèche dans 1 L d'éthanol à 70%) de parties aériennes Mentha xpiperita (0,025 à 0,250 mg de matière solide totale/mL) lors de l’essai de ségrégation mytotique sur Aspergillus nidulans D30, n’a pas montré d’action cytotoxique significative. Lors de l’essai d’induction de micronoyaux en moelle osseuse de souris, Mentha xpiperita (64, 128 et 225 mg/kg) n’a pas eu d’effet génotoxique28.

La DL50 de l’huile essentielle de menthe administrée oralement à la souris a été de 2490 mg/kg29.

La DL50 de l’huile essentielle de menthe administrée oralement au rat a été de 2426 mg/kg, par voie intrapéritonéale elle a été de 829 mg/kg29.

La DL50 du menthol administré oralement à la souris a été de 3-4 g/kg29.

La DL50 du menthol administré oralement au rat a été de 3180-4441 mg/kg30; par voie intrapéritonéale, elle a été de 819 mg/kg29.

L'huile essentielle a été mutagène in vitro, sur le modèle de Salmonella typhimurium TA1537,à une concentration minimum de 5 picolitres/plaque. La feuille et la branche ont été mutagènes sur le même modèle, pour une concentration minimum de 50 µg/plaque31.

La Mentha spp est classée par la Food and Drug Administration (FDA) dans la catégorie “GRAS” (Generally Regarded as Safe), généralement considérée comme sûre27.

On ne dispose pas d’information garantissant l’innocuité de son emploi avec des enfants, ni avec des femmes enceintes ou allaitantes.

La feuille a été amplement étudiée et contient, entre autres composants, de l’huile essentielle : menthol, menthone, cinéol8; des flavonoïdes : diosmine, ériocitrine, hespéridine, narirutine, lutéoline, rutinoside, entre autres9.

L’extrait aqueux de parties aériennes a montré une action antivirale in vivo sur le modèle intra-amniotique (0,3 mL/jour) et in vitro sur le modèle d’inhibition d’hémo-agglutination contre Herpes simplex, Influenza A etInfluenza B10.

L’extrait aqueux de parties aériennes (10 mg/mL) n’a pas été nématicide devant Toxocara canis11.

L’extrait hydroalcoolique (30%) de feuille, sur le modèle in vitro d’iléon de cobaye (0,3%) a montré une action antispasmodique12.

L’extrait aqueux de feuille séchée administré oralement (300 mg/kg) à la souris a montré un effet natriurétique, sans affecter le potassium13. Le même type d’extrait administré à la souris a induit une action dépressive sur le système nerveux central14.

L’extrait hydroalcoolique (95%) de feuille fraîche administré oralement au rat (1 g/kg) a produit un effet analgésique dans le modèle de contorsions induites par le péroxyde de benzyle15.

L’huile essentielle a montré un effet antibactérien in vitro contre Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa16; elle a été active in vitro (900 mg/L) contre Erwinia amylovora17 et antifongique contre Trichophyton mentagrophytes18.

L’huile essentielle a monté un effet carminatif (DE50 = 7,5%) in vitro19. L’instillation intraluminaire (0,1 mL) sur iléon de cobaye a montré une activité spasmolytique, pour une concentration inhibitrice moyenne (CIM) de 0,176 mg/mL20. A une concentration de 75 µg/mL, in vitro elle ainhibé l’adénosine sur l'endothélium d’aorte21. Chez la souris (30 mg/animal) elle n’a pas induit la glutathion S-transférase que ce soit au niveau de l’estomac, de l’intestin ou du foie22.

L’huile essentielle administrée oralement à l’être humain adulte, a présenté des propriétés carminatives et cholérétique23; à des doses de 0,2 mL/personne, elle a accéléré l’évacuation gastrique chez des personnes saines et chez des patients atteints de dyspepsie24.

L’effet analgésique local au niveau gastrique a été mis en évidence dans une étude en double-aveugle avec 45 patients atteints de dyspepsie non ulcéreuse, qui ont reçu 90 mg d’huile essentielle de menthe + 50 mg d’huile de carvi (Carum carvi). Le traitement a été bien toléré et 95% d’entre eux ont présenté des signes d’amélioration avec diminution de la sensation de lourdeur d’estomac, des nausées et des coliques25.

Le contact du menthol avec la peau produit une sensation de froid locale, déterminée par la stimulation chimique des nerfs qui transmettent ce type d’information, et elle est accompagnée d’une atténuation de la douleur. On constate ensuite une légère anesthésie de la sensibilité tactile, parfois suivie, d’une sensation de démangeaison et, éventuellement, de brûlure26.

On a attribué au menthol un état psycholeptique suivi de dépression, avec un léger effet hypnotique, ainsi que des propriétés anticonvulsives, hypertensives et un antagonisme face à l’histamine27.

Références :  

1 DELENS M, 1990-92 Encuesta TRAMIL. Centro al Servicio de la Acción Popular CESAP, Caracas, Venezuela.

2 CARBALLO A, 1990 Encuesta TRAMIL. Centro de investigación de fitoterapia y medicina tradicional de Topes de Collantes, Trinidad, Cuba.

3 CHARLES C, 1988 TRAMIL survey. Movement for Cultural Awareness MCA, Roseau, Dominica.

4 EDOUARD JA, 1992 Enquête TRAMIL. Lycée agricole, Baie-Mahault, Guadeloupe.

5 LONGUEFOSSE JL, NOSSIN E, 1990-95 Enquête TRAMIL. Association pour la valorisation des plantes médicinales de la Caraïbe AVPMC, Fort de France, Martinique.

6 SOLIS P, CORREA M, GUPTA M, 1995 Encuesta TRAMIL (Comunidades afro-caribeñas). Centro de Investigaciones Farmacognósticas de la Flora Panameña CIFLORPAN, Facultad de Farmacia, Universidad de Panamá, Panamá, Panamá.

7 CANIGUERAL S, VILA R, RISCO E, PEREZ F, PORTILLO A, FREIXA B, MILO B, VANACLOCHA B, RIOS JL, MORALES MA, ALONSO JR, BACHILLER LI, PERIS JB, STUBING G, 2002 Mentha sp. Vademecum de Fitoterapia, Editorial Masson, Barcelona, España, Nov. 20, 2003. URL: http://www.masson.es/book/fitoterapia.html

8 TAYLOR BA, DUTHIE HL, LUSCOMBE DK, 1985 Mechanism by which peppermint oil exerts its relaxant effect on gastrointestinal smooth muscle. J Pharm Pharmacol 37(Suppl):104.

9 GUEDON DJ, PASQUIER BP, 1994 Analysis and distribution of flavonoid glycosides and rosmarinic acid in 40 Mentha xpiperita clones. J Agr Food Chem 42(3):679-684.

10 HERRMANN EC, KUCERA LS, 1967 Antiviral substances in plants of the mint family (Labiatae). 3. Peppermint (Mentha piperita) and other mint plants. Proc Soc Exp Biol Med 124(3):874-878.

11 KIUCHI F, NAKAMURA N, MIYASHITA N, NISHIZAWA S, TSUDA Y, KONDO K, 1989 Nematocidal activity of some anthelmintic traditional medicines and spices by a new assay method using larvae of Toxocara canis. Shoyakugaku Zasshi 43(4):279-287.

12 LESLIE GB, 1978 A pharmacometric evaluation of nine bio-strath herbal remedies. Medita 8(10):3-19.

13 DELLA LOGGIA R, TUBARO A, LUNDER TL, 1990 Evaluation of some pharmacological activities of a peppermint extract. Fitoterapia 61(3):215-221.

14 DELLA LOGGIA R, TUBARO A, REDAELLI C, 1981 Valutazione dell'attività sul S.N.C. del topo di alcuni estratti vegetali e di una loro associazione. (Evaluation of the activity on the mouse CNS of several plant extracts and a combination of them). Rivista di Neurologia 51(5):297-310.

15 COSTA M, DI STASI LC, KIRIZAWA M, MENDACOLLI SL, GOMES C, TROLIN G, 1989 Screening in mice of some medicinal plants used for analgesic purposes in the state of Sao Paulo. Part II. J Ethnopharmacol 27(1-2):25-33.

16 ROSS S, EL-KELTAWI N, MEGALLA S, 1980 Antimicrobial activity of some Egyptian aromatic plants. Fitoterapia 51:201-205.

17 SCORTICHINI M, ROSSI M, 1989 In vitro activity of some essential oils toward Erwinia amylovora (Burril) Winslow. Acta Phytopathol Entomol Hung 24(3/4):421-431.

18 RAI MK, UPADHYAY S, 1988 Laboratory evaluation of essential oil of Mentha piperita Linn. against Trichophyton mentagrophytes. Hindustan Antibiot Bull 30(3-4):82-84.

19 HARRIES N, JAMES KC, PUGH WK, 1978 Antifoaming and carminative actions of volatile oils. J Clin Pharmacol 2:171-177.

20 TADDEI I, GIACHETTI D, TADDEI E, MANTOVANI P, BIANCHI E, 1988 Spasmolytic activity of peppermint, sage and rosemary essences and their major constituents. Fitoterapia 59(6):463-468.

21 MELZIG M, TEUSCHER E, 1991 Investigations of the influence of essential oils and their main components on the adenosine uptake by cultivated endothelial cells. Planta Med 57(1):41-42.

22 LAM L, ZHENG B, 1991 Effects of essential oils on glutathione S-transferase activity in mice. J Agr Food Chem 39(4):660-662.

23 BRIGGS C, 1993 Peppermint: medicinal herb and flavouring agent. Can Pharmaceutical J 126(2):89-92.

24 DALVI SS, NADKARNI PM, PARDESI R, GUPTA KC, 1991 Effect of peppermint oil on gastric emptying in man: A preliminary study using a radiolabelled solid test meal. Indian J Physiol Pharmacol 35(3):212-214.

25 MAY B, KUNTZ HD, KIESER M, KOHLER S, 1996 Efficacy of a fixed peppermint oil/caraway oil combination in non-ulcer dyspepsia. Arzneimittel Forschung [Drug Research] 46(12):1149-1153.

26 BEZIAT M, 1983 Toxicité d'huiles essentielles. Thèse Pharmacie, Montpellier, France.

27 CODE OF FEDERAL REGULATIONS, 2002 Food and drugs. Chapter I - Food and Drug administration, Department of Health and Human Services. Part 182 - Substances generally recognized as safe. Sec. 182.10. Spices and other natural seasonings and flavorings. U.S. Government Printing Office via GPO Access, USA. 21(3):451-452. Feb. 24, 2003, URL: http://www.accessdata.fda.gov/scripts/cdrh/cfdocs/cfcfr/CFRSearch.cfm?CF...

28 VIZOSO A, RAMOS A, VILLAESCUSA A, DECALO M, BETANCOURT J, 1997 Estudio genotóxico in vitro e in vivo en tinturas de Melissa officinalis L. (toronjil) y Mentha piperita L. (toronjil de menta). Rev Cub Plantas Med 2(1):6-11.

29 MICROMEDEX T, 2003 Healthcare Series. Vol. 117. 9/2003 Thomson MICROMEDEX®.

30 BUDAVARI S (Ed.), 2001 The Merck index: an encyclopedia of chemical, drugs, and biologicals. 30th ed. New Jersey, USA: Merck and Co., Inc. p1043-1044.

31 SIVASWAMY SM, BALACHANDRAN B, BALANEHRU S, SIVARAMAKRISHNAN VM, 1991 Mutagenic activity of south Indian food items. Indian J Exp Biol 29(8):730-737.

32 WICHTL M, 1999 Plantes thérapeutiques. Tec and Doc. p365.

33 ALONSO J, 1998 Tratado de fitomedicina: bases clínicas y farmacológicas. Buenos Aires, Argentina: ISIS ediciones SRL. p721.

34 MARTINEZ MJ, MOREJON Z, LOPEZ M, BOUCOURT E, FUENTES V, MORON F, 2005 Clases tóxicas agudas (CTA) de una decocción de hoja fresca de Mentha nemorosa Willd.Informe TRAMIL. Laboratorio Central de Farmacología, Facultad de Ciencias Médicas “Dr. Salvador Allende”, La Habana, Cuba.

35 GUERRA MJ, LOPEZ M, BOUCOURT E, FUENTES V, MORON F, 2002 Clases tóxicas agudas en rata de decocción (30%) de hojas secas de Mentha x piperita varcitrata (Ehrh.) Briq.Informe TRAMIL. Laboratorio Central de Farmacología. Facultad de Medicina Dr. Salvador Allende. Ciudad de La Habana, Cuba.

36 GUERRA MJ, LOPEZ M, BOUCOURT E, FUENTES V, 2002 Toxicidad aguda (DL50) en ratón de la decocción de hojas secas de Mentha x piperita var citrata(Ehrh.) Briq.Informe TRAMIL. Laboratorio Central de Farmacología. Facultad de Medicina Dr. Salvador Allende. Ciudad de La Habana, Cuba.

37 BALZ E, BOYER A, BURAUD M, 2007 Enquête TRAMIL à Marie-Galante. U. Bordeaux 3, U. Paris XI Chatenay-Malabry, UAG, Guadeloupe.

38 OCRISSE G, 2008 Enquête TRAMIL auprès de 250 familles de la moitié Est de la partie francophone de St Martin. Biologie végétale, UAG, Guadeloupe.

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