Moringa pterygosperma

nom scientifique : 
Moringa pterygosperma Gaertn.
synonyme : 
Moringa oleifera Lam.
Famille : 

Distribution géographique

 

Originaire du nord-ouest de l’Inde, habituellement cultivé dans les régions tropicales du monde entier.

 

Description botanique

Arbre de 5 à 10 m de haut, tronc généralement fin et irrégulier. Feuilles alternes, pennées, oblongues, à pétiole court; nombreuses folioles opposées, à court pétiole, de 1 à 2 cm, obtuses, entières, pâles. Fleurs nombreuses, blanches, aromatiques, disposées en panicules axillaires; pétales légèrement plus longs que les sépales. Capsule linéaire, à trois angles arrondis, pendante, pouvant atteindre 45 cm de long, déhiscente, jaune cendré; graines généralement ailées, oléagineuses.

Voucher(s)

Rouzier,129,SOE

brûlure :

  graine, huile, en application locale1

La graine de Moringa pterygosperma constitue un aliment de consommation humain relativement répandu.

Contre les brûlures :

Laver la lésion à l’eau bouillie et au savon. Appliquer l’huile de graine, extraite à froid, sur la zone affectée; recouvrir d’une compresse ou d’un linge propre et changer 2 fois par jour.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l’information disponible :

L’emploi contre les brûlures est classé REC sur la base de l’usage significatif traditionnel documenté par les enquêtes TRAMIL, les études de toxicité, la validation et l’information scientifique publiée.

Limiter l’usage traditionnel à des brûlures superficielles (lésion épidermique), peu étendues (moins de 10% de la surface corporelle) et localisées en dehors de zones à haut risque telles que le visage, les mains, les pieds et les organes génitaux.

Toute application locale doit se conformer à de strictes mesures d’hygiène pour empêcher la contamination ou une infection supplémentaire.

•Travail TRAMIL19

L’huile de graine de plante ajoutée au milieu de culture de fibroblastes humains (0,4 à 250 µg/mL exprimé en poids de graine séchée) n’a pas montré d’effet toxique.

•Travail TRAMIL20

L’infusion de graine et de feuille, administrée oralement à la souris (5 g/kg), n’a pas présenté de toxicité apparente.

La graine moulue administrée oralement au rat, pendant 6 semaines, n’a produit d’altérations histologiques sur aucun des 28 organes internes examinés30.

Les cotylédons de graine ont été toxiques pour des poissons, des protozoaires et des bactéries, en provoquant l’inhibition de l’acétylcholinestérase. Cependant, aux concentrations utilisées dans un but nutritionnel, médicinal ou sanitaire (purification de l’eau) les graines ne représentent pas un danger pour la santé humaine31.

La DL50 de la ptérygospermine, administrée oralement à la souris a été de 350-400 mg/kg32.

L’ingestion de grandes quantités de fruits peut avoir des effets toxiques28.

On attribue aux benzénoïdes dérivés de l’acide phénylacétique de graine grillée une action mutagène sur les érythrocytes polychromatiques micronucléaires (PCE) de rat, et à certains d’entre eux une action génotoxique4-5.

On ne dispose pas d’information garantissant l’innocuité de son emploi médicinal sur des enfants, ni avec des femmes enceintes ou allaitantes.

•Travail TRAMIL2

100 g de graine donnent jusqu’à 20 mL, du fait que la graine contient jusqu’à 21% de son poids en huile fixe - correspondant au concentré biologiquement actif mentionné par l’usage traditionnel.

La graine contient de l’huile fixe (21%)3 : acides oléique (67,5%), stéarique (10,5%)4; des benzénoïdes : 4(α-L-rhamnosil-oxy) phényl-acétonitrile, 4-hydroxy-phénylacétonitrile et 4-hydroxy-phénylacétamide5-6, moringine5, niazirine7, dérivés de benzil-carbamates; des miscellanées : niazimicine7; des composés sulfurés : benzil-4-rhamnosil-oxy-glucosinolate8, ptérygospermine9, 4-(α-L-rhamnosil)-benzil isothiocyanate et derivés5,10-11; des stérols : dérivés de daucostérol7.

La feuille contient des benzénoïdes : dérivés de benzyl-carbamates et de benzyl-thiocarbamates12; des alcaloïdes : choline, acide nicotinique13; des flavonoïdes : gossypétine, quercétine et dérivés14, rutine15; des composés soufrés : dérivés d’isothiocyanate16; des miscellanées : niazicine A, B, niazimine A, B17.

•Travail TRAMIL18

L'huile de la graine obtenue par pression, n'a pas démontré d'activité antimicrobienne in vitro à concentration de 1000 µg/mL contre Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa, Candida albicans, Klebsiella pneumoniae, Mycobacterium smegmatis ni Salmonella gallinarum, en revanche elle a été active à 1000 µg/mL contre Escherichia coli.

•Travail TRAMIL19

L’huile de graine séchée sur le modèle MOLT-4 avec splénocytes et fibroblastes humains (cellules immunocompétentes) à des doses de 0,4 et de 250 µg/mL (exprimées en poids de graine séchée) a montré un effet immunosuppresseur et n’a pas inhibé la croissance tumorale. L’extrait aqueux de graine a inhibé l’activité des déshydrogénases. Des doses supérieures à 50 µg/mL ont montré un effet immunosuppresseur sur des splénocytes préalablement stimulés. L’extrait éthanolique (80%) de graine a montré une action dose-dépendante sur les splénocytes, avec stimulation de la prolifération pour des doses inférieures à 5 µg/mL et un effet immunosuppresseur pour des doses supérieures à 100 µg/mL.

•Travaux TRAMIL20-21

L’application locale sur la souris d’une pommade faite avec de l’extrait de graine a réduit le temps de guérison sur un modèle expérimental de pyodermie induite par Staphylococcus aureus, avec un comportement similaire à celui de la néomycine20.

•Travaux TRAMIL20,22

L’extrait aqueux de graine (infusion 750 mg/mL) administré par voie intraveineuse (1 g/kg) sur le modèle d’œdème de patte de rat induit par la carraghénnine, a été actif comme anti-inflammatoire. Les infusions d’écorce, de feuille et de fleur séchées, ont été inactives lors du même essai.

La graine, ajoutée à des réserves naturelles d’eau, a la capacité de la rendre potable pour la consommation humaine23.

La ptérygospermine a démontré une activité in vitro contre Escherichia coli et Staphylococcus aureus24-27. Ce composé a montré des effets antimycotiques contre des champignons filamenteux, et antimicrobien à large spectre, contre des micro-organismes gram + et gram -, y compris Mycrococcus pyogenes var.aureus, Bacillus subtilis, Escherichia coli, Aerobacter aerogenes, Salmonella typhi, S. enterides, Shigella dysenteriae et Mycobacterium tuberculosis26.

On attribue au 4(a-L-rhamnosiloxy) benzil isocyanate, contenu dans la racine et la graine, une activité in vitro contre Escherichia coli et Staphylococcus aureus9; ainsi qu’une activité antimicrobienne à large spectre contre des micro-organismes non pathogènes, des bactéries gram -9,28, Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa. Aucune activité n’a été constatée contre Shigella, Ascaris lumbricoides29, ou encore contre des dermatophytes. Ce composé a une action inhibitrice sur Mycobacterium phlei in vitro à une concentration minimum de 40 micromoles/L, et sur Bacillus subtilisà une concentration de 56 micromoles/L9.

La spirochine (présente dans la racine) a montré une action antimicrobienne in vitro contre Staphylococcus aureus même à des dilutions de 1:7000027. Ce composéa favorisé l’épithélisation et des qualités antipyrétique et analgésiquelui sont attribuées27.

Références :  

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Enquête TRAMIL. Service Oecuménique d'Entraide SOE, Port au Prince, Haïti.

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Décharge

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