Lycopersicon esculentum

nom scientifique : 
Lycopersicon esculentum Mill.
Famille : 

Distribution géographique

 

Originaire d’Amérique tropicale, actuellement cultivée dans le monde entier.

 

Description botanique

Herbacée dressée ou décombante, pubérulente à pileuse, avec poils glandulaires. Feuilles pennatifides, folioles ovées-oblongues, aiguës, dentées, généralement lobulées. Inflorescence en grappe; fleurs actinomorphes; segments du calice lancéolés, pileux-glanduleux; corolle jaune de 10 à 16 mm. Baie arrondie, rouge à maturité, de 1 à 15 cm de diamètre.

Voucher(s)

Girón,278,CFEH

maux de dent :

  fruit vert, écrasé (ou son jus), en application locale1-2

candidose buccale :

  fruit vert et feuille, friction de la bouche1-2

brûlure :

  feuille, écrasée, cataplasme3

Le fruit mûr de Lycopersicon esculentum constitue un aliment de consommation humaine répandue.

Contre la candidose buccale et les douleurs dentaires :

Se référer à l'usage rapporté au chapitre Emplois traditionnels significatifs TRAMIL, les informations scientifiques disponibles ne permettant pas de définir un dosage plus précis.

Contre les brûlures :

Laver la lésion à l’eau bouillie et au savon, appliquer 8-10 grammes de feuille, préalablement lavée, sur la zone affectée. Recouvrir d’une compresse ou d’un linge propre et changer toutes les 12 heures.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l’information disponible :

L’emploi contre la candidose de la muqueuse buccale, les douleurs dentaires et les brûlures est classé REC sur la base de l’expérience traditionnelle de l’usage (OMS/WHO)4 documenté par son emploi significatif dans les enquêtes TRAMIL.

Limiter son usage traditionnel aux brûlures superficielles (lésion épidermique), peu étendues (moins de 10% de la surface corporelle) et ne concernant pas les zones à haut risque comme le visage, les mains, les pieds et les parties génitales.

Toute application locale doit se conformer à de strictes mesures d’hygiène pour éviter une contamination ou une infection supplémentaire.

S’assurer que la plante a été correctement lavée et nettoyée et que ses pilosités externes ont été éliminées, car elles peuvent causer une irritation de la peau et des muqueuses, ainsi qu’une réacction d’hypersensibilité.

•Travail TRAMIL25

L’extrait total de fruit vert (100%) administré par voie orale et intrapéritonéale à la souris, a atteint une DL50 supérieure à 25 g/kg.

L’extrait hydroalcoolique (50%) de plante entière séchée administré par voie intrapéritonéale à la souris a montré une DL50 = 825 mg/kg26.

Le contact avec la feuille fraîche peut causer des dermatites27.

La tige et la feuille peuvent être toxiques à cause de leur contenu en solanine, laquelle reste présente même après cuisson; cet alcaloïde peut engendrer des signes d’intoxication tels que : perte de l’appétit, gastralgie, hématurie et prostration28.

Le fruit vert peut induire un type de toxicité semblable à celui de la pomme de terre verte crue, à cause de son contenu en glucoalcaloïdes28.

On ne dispose pas d’information garantissant l’innocuité de son usage médicinal sur des enfants, ni sur des femmes enceintes ou allaitantes.

La feuille a été amplement étudiée et contient, parmi d’autres composants, des phytoalexines5, des alcaloïdes stéroïdaux : tomatidine, soladulcine6, lycopérosides7.

Le fruit contient des lignanes8; des alcaloïdes : tomatine9, narcotine, tryptamine et sérotonine; des acides organiques : acides malique, citrique et chlorogénique (avec une teneur dans le fruit vert nettement supérieure à celle du fruit mûr); des composés volatiles : acétaldéhyde, benzaldéhyde, acétone, éthanol, flavonoïdes, et vitamine C10-13.

Analyse proximale pour 100 g de fruit vert14 : calories : 24; eau : 93%; protéines : 1,2%; lipides : 0,2%; glucides : 5,1%; fibres : 0,5%; cendres : 0,5%; calcium : 13 mg; phosphore : 27 mg; fer : 0,5 mg; sodium : 3 mg; potassium : 244 mg; carotène : 162 µg; thiamine : 0,06 mg; riboflavine : 0,04 mg; niacine : 0,5 mg; acide ascorbique : 20 mg.

Analyse proximale pour 100 g de feuille14 : calories : 40; eau : 86,8%; protéines : 2,8%; lipides : 0,6%; glucides : 7,9%; fibres : 0,1%; cendres : 1,9%; calcium : 433 mg; phosphore : 86 mg; fer : 1,3 mg; thiamine : 0,08 mg; riboflavine :0,47 mg; acide ascorbique :175 mg.

L’extrait de graine séchée in vitro (32 µg/mL), a produit une inhibition de la synthèse des protéines15.

Le fruit mûr n’a pas été actif in vitro contre des bactéries causant des affections de la peau humaine16.

L’extrait aqueux de fruit n’a pas montré d’activité antimutagène17.

Le jus de fruit non dilué a été faiblement actif in vitro contre Poliovirus I18.

L’extrait aqueux de feuille fraîche (1:1) in vitro a montré une activité fongicide contreFusarium oxysporum f. sp. lentis19; et contre Ustilago maydis et U. nuda20.

L’extrait éthanolique (95%) de parties aériennes (50%) a été actif comme fongicide contre Neurospora crassa, les extraits d’acétone et aqueux ont été inactifs21.

La tige séchée a été active in vitro comme fongicide contre Sphacelia segetum22.

L’extrait éthanolique (95%) de feuille séchée (1%) en application externe a été actif comme antimicrobien (à l’exclusion de Herpes simplex) et comme cosmétique chez l’être humain adulte23.

La feuille a montré une activité insecticide24.

On attribue aux phytoalexines une activité antifongique5.

On attribue à la tomatine des propriétés antifongiques; in vitro elle a inhibé totalement la croissance de Candida albicans13. Après administration par voie interne on a constaté des propriétés cardiotonique, antidiurétique, antihistaminique, anti-inflammatoire et une diminution de l'absorption du cholestérol13.

Références :  

1 WENIGER B, ROUZIER M, 1986
Enquête TRAMIL. Service Oecuménique d'Entraide SOE, Port au Prince, Haïti.

2 WENIGER B, 1987-88
Encuesta TRAMIL. enda-caribe, Santo Domingo, Rep. Dominicana.

3 GIRON L, 1988
Encuesta TRAMIL (Costa atlántica). Centro Mesoamericano de Tecnología CEMAT, Guatemala, Guatemala.

4 WHO, 1991
Pautas para la evaluación de medicamentos herbarios WHO/TRM/91.4 (original inglés). Programa de Medicina Tradicional, OMS, Ginebra, Suiza.

5 HOSTETTMANN K, LEA PJ, (Eds.), 1996
Biologically active natural products. Annual proceedings of the phytochemical society of Europe. Oxford, England: Oxford University Press.

6 SCHREIBER K, AURICH O, 1966
Isolation of several alkaloids and 3-beta-hydroxy-5-alpha-pregn-16-en-20-one from Lycopersicon pimpinellifolium Mill. Phytochemistry 5:707-712.

7 YAHARA S, UDA N, NOHARA T, 1996
Lycoperosides A-C, three stereoisomeric 23-acetoxyspirosolan-3-beta-ol beta-lycotetraosides from Lycopersicon esculentum. Phytochemistry 42(1):169-172.

8 RESCHKE A, HERRMANN K, 1982
Occurrence of 1-o-hydroxycinnamyl-beta-d-glucoses in vegetables I. Phenolic acid compounds of vegetables. Z Lebensm-Unters Forsch 174(1):5-8.

9 VERHOEFF K, LIEM JI, 1975
Toxicity of tomatine to Botrytis cinerea in relation to latency. Phytopathol Z 82:333-338.

10 WILLAMAN J, SCHUBERT B, 1961
Alkaloid-bearing plants and their contained alkaloids. Washington, USA: Tech. Bull. 1234, U.S. Dep. of Agric.

11 HEGNAUER R, 1973
Chemotaxonomy der Pflanzen. Basel & Stuttgart: Birkhauser Verlag.

12 FLEURIET A, MACHEIT J, 1981
Quinyl esters and glucose derivatives of hydroxycinnamic acids during growth and ripening of tomato fruit. Phytochemistry 20(4):667-671.

13 CAVALIN G, 1983
Tomate et tomatine (Thèse Doctorat Pharmacie). Toulouse, France.

14 DUKE JA, ATCHLEY AA, 1986
Handbook of proximate analysis tables of higher plants. Boca Raton, USA: CRC Press. p102.

15 GASPERI-CAMPANI A, BARBIERI L, BATTELLI M, STIRPE F, 1985
On the distribution of ribosome-inactivating proteins amongst plants. J Nat Prod 48(3):446-454.

16 CACERES A, GIRON L, ALVARADO S, TORRES M, 1987
Screening of antimicrobial activity of plants popularly used in Guatemala for the treatment of dermatomucosal diseases. J Ethnopharmacol 20(3):223-237.

17 SHINOHARA K, KUROKI S, MIWA M, KONG ZL, HOSODA H, 1988
Antimutagenicity of dialyzates of vegetables and fruits. Agr Biol Chem 52(6):1369-1375.

18 KONOWALCHUK J, SPEIRS J, 1978
Antiviral effect of commercial juices and beverages. Appl Environ Microbiol 35:1219-1220.

19 SINGH J, DUBEY A, TRIPATHI N, 1994
Antifungal activity of Mentha spicata. Int J Pharmacog 32(4):314-319.

20 SINGH K, PATHAK R, 1984
Effect of leaves extracts of some higher plants on spore germination of Ustilago maydes and U. nuda. Fitoterapia 55(5):318-320.

21 KUBAS J, 1972
Investigations on known or potential antitumoral plants by means of microbiological tests. Part III. Biological activity of some cultivated plant species in Neurospora crassa test. Acta Biol Cracov Ser Bot 15:87-100.

22 CELAYETA F, 1960
Action of the tissues of various plants on the growth of Sphacelia segetum. Farmacognosia (Madrid) 20:91-101.

23 ANON, 1987
Pharmaceutical and cosmetic compositions containing tomato plant extracts for the treatment of skin diseases. Patent-Israëli 78,820.

24 DUFFEY S, ISMAN M, 1981
Inhibition of insect larval growth by phenolics in glandular trichomes of tomato leaves. Experientia 37(6):574-576.

25 HERRERA J, 1990
Determinación de actividades biológicas de vegetales utilizados en medicina tradicional. Informe TRAMIL. Dep. de Farmacología, Facultad de Salud, Universidad del Valle, Cali, Colombia.

26 ASWAL B, BHAKUNI D, GOEL A, KAR K, MAHROTRA B, MUKHERJEE K, 1984
Screening of Indian plants for biological activity: Part X. Indian J Exp Biol 22(6):312-332.

27 DUKE JA, 1988
Handbook of medicinal herbs. Boca Raton, USA: CRC Press.

28 CONTRERAS A, ZOLLA C, 1982
Plantas tóxicas de México. México, México: Instituto Mexicano del Seguro Social.

Décharge

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