Brassica rapa

nom scientifique : 
Brassica rapa L. subsp. rapa
synonyme : 
Brassica campestris L.
Famille : 

Distribution géographique

Originaire d'Eurasie. Largement cultivée dans les régions tempérées.

Description botanique

Herbacée bisannuelle. Racine typiquement renflée ou allongée, extérieurement de couleur blanche, blanc mêlé de pourpre ou jaunâtre. Presque dépourvue de tige avant la floraison. Feuilles pouvant atteindre 30 cm de long, glauques, parfois en forme de lyre. Tige à inflorescence avec feuilles lobulées. Fleurs à 4 pétales jaunes, disposées en grappes ombelliformes.

Voucher(s)

Jiménez,693,JBSD

pneumopathie :

  racine, sirop (décoction + sucre), voie orale1

La feuille et la racine de Brassica rapa constituent un aliment de consommation humaine relativement répandu.

Pour la pneumopathie:

Préparer un sirop à partir d'une décoction de 50 grammes de racine fraîche hachée menue dans 500 mL d'eau (2 tasses), faire bouillir au moins dix minutes dans un récipient couvert. Filtrer, ajouter 850 grammes de sucre en mélangeant jusqu'à l'obtention d'une solution translucide, puis verser dans un récipient gradué et compléter jusqu'à l'obtention d'1 litre.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l'information disponible :

L'emploi contre la pneumopathie est classé REC basé sur l'usage significatif traditionnel documenté par les enquêtes TRAMIL et l'information scientifique publiée.

La pneumopathie présentant un risque pour la santé, il est recommandé de consulter un médecin au préalable. L'emploi de cette solution doit être considéré comme étant le complément du traitement médical, sauf contre-indication.

Si l'on observe une détérioration de l'état du patient, et si le problème respiratoire dure plus de 3 jours, consulter un médecin.

Ne pas employer avec des femmes ayant l'intention de procréer, enceintes ou allaitantes, ni avec des enfants de moins de 5 ans, ni avec des patients souffrant de problèmes de la thyroïde.

Solution thérapeutique à ne pas employer plus de 7 jours consécutifs.

Eviter l'ingestion des graines à cause du risque de toxicité.

L'extrait aqueux (infusion) de racine a montré une forte activité antimutagénique in vitro (100 µL/disque, 0,1 mL/plaque) sur le modèle de Salmonella typhimurium TA98 avec activation métabolique face à la mutagénicité induite par le 2-amino-anthracène; à la même concentration on a obtenu une faible activité antimutagènique sur le modèle Salmonella typhimurium TA100 de mutagénicité provoquée par le méthanosulfonate d'éthyle15.

Le jus frais de racine et de feuille (0,5 mL/plaque) a été inactif comme antimutagène sur le modèle Salmonella typhimurium TA9816. Le jus de la plante a été actif comme antimutagène sur le même modèle (0,1 mL/plaque)17.

Le jus de plante fraîche (0,5 mL/plaque) a stimulé l'activité des catalases et des péroxydases et a été actif comme antimutagène sur le modèle Salmonella typhimurium TA9818.

L'huile de graines dans l'alimentation du rat a produit des lésions du myocarde19; cette même huile, ajoutée à raison de 20% du poids total de la ration alimentaire de jeunes sangliers de la race Yorkshire, a produit la mort au bout de 1 à 8 semaines; l'étude anatomo-pathologique a mis en évidence des lésions cardiaques, hépatiques et des glandes surrénales, avec accumulation pathologique d'acide érucique et eicosanoïque20. La concentration du premier de ces triglycérides dans l'huile a montré une relation directement proportionnelle à la cardiotoxicité des rations alimentaires qui le contiennent21.

L'administration à la diète de la poule (jusqu'à 10%) du contenu d'huile de graine n'a pas eu d'effets négatifs : sur la production d'oeufs, le poids de la thyroïde ou le poids corporel; tandis que concentrée à 20%, elle a provoqué des troubles dans tous les aspects décrits, sauf sur l'état de la glande thyroïde; on a enregistré des cas de morts par hémorragies hépatiques22.

Sur des embryons, l'huile a provoqué des troubles sur les enzymes adénosyntriphosphatase (acide et alcaline), péroxydases, succinato-deshydrogénase et cytochromo-oxydase; ainsi que des changements dans la distribution corporelle de l'acide ascorbique, des polysaccharides et des lipides23.

On ne dispose pas d'information garantissant l'innocuité de son emploi médicinal sur des enfants ni sur des femmes enceintes ou allaitantes.

La racine contient des protéines : B-II arabinogalactane2, S-méthylsulfoxyde de cystéine3; flavonoïdes : cyanine, rubrobrassicine4; vitamines : acide ascorbique5; composés soufrés : glucobrassicine, progoïtrine, gluconapine, gluconasturine et sinigrine6; alcaloïde: alantoïne7.

Analyse proximale pour 100 g de la racine8 : calories : 21; eau : 92,8%; protéines : 1%; lipides : 0,2%; glucides : 4,4%; fibres : 0,8%; cendres : 0,8%; calcium : 43 mg; phosphore : 33 mg; fer : 0,9 mg; sodium : 60 mg; potassium : 281 mg; carotène : 20 µg; thiamine : 0,04 mg; riboflavine : 0,04 mg; niacine : 0,5 mg; acide ascorbique : 22 mg.

L'extrait aqueux de racine a montré une activité antibactérienne in vitro en culture sur plaque d'agar-agar contre Klebsiella pneumoniae, Proteus mirabilis, Pseudomonas aeruginosa et P. fluorescens9.

Le jus de racine fraîche par voie intrapéritonéale (DE50 = 1,4 mL/animal) sur la souris, a stimulé le nombre de cellules blanches sanguines et le système réticulo-endothélial. L'accumulation de neutrophiles a augmenté de 42%10.

La fraction polysaccharide de racine séchée (20 µL), a produit une immuno-précipitation2.

L'extrait méthanolique de racine (200 µg/mL) n'a pas inhibé in vitro la réplication du virus d'Epstein Barr11.

La racine a induit une activité goitrigène sur le rat (9 g/jour pendant 26 jours)12.

L'extrait aqueux de racine séchée administré au lapin par voie orale a induit un effet hypoglycémiant13.

L'administration orale de racine bouillie a provoqué un effet antithyroïdien sur des humains adultes (441 g/personne)14.

On attribue à l'alantoïne présente dans la racine une action immuno-stimulante7.

Références :  

1 CHARLES C, 1988
TRAMIL survey. Movement for Cultural Awareness MCA, Roseau, Dominica.

2 TSUMURAYA Y, NAKAMURA K, HASHIMOTO Y, YAMAMOTO S, 1984
Immunological properties of arabinogalactan proteins from leaves of cruciferous plants. Agr Biol Chem 48(11):2915-2917.

3 GUSTINE DL, 1985
Determination of S-methyl cysteine sulfoxide in Brassica extracts by high-performance liquid chromatography. J Chromatogr 319(3):450-453.

4 IGARASHI K, ABE S, SATOH J, 1990
Effects of atsumi-kabu (red turnip, Brassica campestris L.) anthocyanin on serum cholesterol levels in cholesterol-fed rats. Agr Biol Chem 54(1):171-175.

5 YAO G, LI YJ, CHANG XQ, LU J, 1983
Vitamin C content in vegetables and fruits in Shenyang (China) market during four seasons. Yingyang Xuebao 5(4):373-379.

6 TAWFIQ N, HEANEY RK, PLUMB JA, FENWICK GR, MUSK SR, WILLIAMSON G, 1995
Dietary glucosinolates as blocking agents against carcinogenesis: glucosinolate breakdown products assessed by induction of quinone reductase activity in murine hepa1c1c7 cells. Carcinogenesis 16(5):1191-1194.

7 DUKE JA, 1992
Handbook of biologically active phytochemical constituents of GRAS herbs and other economic plants. Boca Raton, USA: CRC Press.

8 DUKE JA, ATCHLEY AA, 1986
Handbook of proximate analysis tables of higher plants. Boca Raton, USA: CRC Press. p30.

9 EL-SAYED AM, EL-SAKHEWY FS, 1993
Furochromone and thiooxazolidone principles of Brassica rapa (Turnip). Az J Pharm Sco 11(6):11-20.

10 YAMAZAKI M, NISHIMURA T, 1992
Induction of neutrophil accumulation by vegetable juice. Biosci Biotech Biochem 56(1):150-151.

11 KOSHIMIZU K, OHIGASHI H, TOKUDA H, KONDO A, YAMAGUCHI K, 1988
Screening of edible plants against possible anti-tumor promoting activity. Cancer Lett 39(3):247-257.

12 SARKAR S, SINGH LR, UNIYAL BP, MUKHERJEE SK, NAGPAL KK, 1983
Effect of common vegetables on thyroid function in rats. A preliminary study. Def Sci J 33(4):317-321.

13 GLASER E, WITTNER L, 1924
The blood sugar lowering effect of plant extracts and oxidases, as well as the occurrence of enzymes in insulin. Biochem Z 151:279-295.

14 GREER MA, ASTWOOD EB, 1948
The antithyroid effect of certain foods in man as determined with radioactive iodine. Endocrinology 43:105-119.

15 BADRIA FA, 1994
Is man helpless against cancer? An environmental approach: antimutagenic agents from Egyptian food and medicinal preparations. Cancer Lett 84(1):1-5.

16 MORITA K, HARA M, KADA T, 1978
Studies on natural desmutagens: Screening for vegetable and fruit factors active in inactivation of mutagenic pyrolysis products from amino acids. Agr Biol Chem 42(6):1235-1238.

17 KADA T, MORITA K, INOUE T, 1978
Anti-mutagenic action of vegetable factor(s) on the mutagenic principle of tryptophan pyrolysate. Mutat Res 53(3):351-353.

18 YAMAGUCHI T, YAMASHITA Y, ABE T, 1980
Desmutagenic activity of peroxidase on autoxidized linolenic acid. Agr Biol Chem 44(4):959-961.

19 KRAMER J, MAHADEVAN S, HUNT JR, SAUER FD, CORNER AH, CHARLTON KM, 1973
Growth rate, lipid composition, metabolism and myocardial lesions of rats fed rapeseed oils (Brassica campestris var. arlo, Echo and Span, and B. napus var. oro.) J Nutr 103(12):1696-1708.

20 KRAMER J, FRIEND D, HULAN H, 1975
Lipid changes in tissue of young boars fed rapeseed oil or corn oil. Nutr Metab 19(5-6):279-290.

21 KRAMER JK, HULAN HW, MAHADEVAN S, SAUER FD, CORNER AH, 1975
Brassica campestrisvar. span: II. Cardiopathogenicity of fractions isolated from span rapeseed oil when fed to male rats. Lipids 10(9):511-516.

22 GRANDHI RR, SLINGER SJ, SUMMERS JP, 1977
Productive performance and liver lesions in two strains of laying hens receiving two rapeseed meals. Poult Sci 56(6):1904-1908.

23 MALIK C, VERMANI S, BHATIA D, 1976
III Histochemical characteristics of suspensor during embryo development in Brassica campestris Linn. var. sarson. Acta Histochem 57(2):178-182.

Décharge

L'information ici présentée s'adresse, à des fins pédagogiques, au grand public ainsi qu'aux professionnels de santé. Elle n'a pas la prétention de se substituer à quelque règle ou disposition légale que ce soit. Compte tenu du fait que certaines parties de plantes peuvent, le cas échéant, présenter une toxicité, ou avoir des effets nocifs, ou encore provoquer une interaction avec des médicaments, toute personne désireuse d'utiliser ces moyens thérapeutiques ou leurs produits dérivés doit consulter un médecin ou un autre professionnel de santé qualifié. TRAMIL n'est aucunement responsable pour l'utilisation qui pourrait être faite, dans le cadre d'une quelconque décision, action ou omission, de l'information contenue dans cette Pharmacopée.