Beta vulgaris

nom scientifique : 
Beta vulgaris L.
Famille : 

Distribution géographique

Originaire d'Europe. Cultivée partout dans le monde.

Description botanique

Herbacée annuelle à bisannuelle. Tige pouvant atteindre 1,25 m. Feuilles ovalées à ovalées-oblongues, se transformant en bractées linéaires à la base de l'inflorescence. Nombreuses fleurs groupées formant un panicule grand et diffus.

Voucher(s)

Jiménez,684,JBSD

asthénie, faiblesse :

  racine, jus, voie orale avec sucre, lait ou miel1-3

aménorrhée :

  racine, jus, voie orale1

Le tubercule (racine) de Beta vulgaris est un aliment de consommation humaine relativement étendu et constitue une source industrielle de saccharose.

Pour l'aménorrhée, l'asthénie, la faiblesse :

Bien laver le tubercule frais et cru. Préparer 100 mL de jus. Boire frais une à plusieurs fois par jour29.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l'information disponible :

L'emploi contre l'aménorrhée, l'asthénie et la faiblesse est classé REC basé sur l'usage significatif traditionnel documenté par les enquêtes TRAMIL et l'information scientifique publiée.

Ne pas employer chez la femme enceinte car susceptible de provoquer un avortement.

En cas d'asthénie ou de faiblesse durable, il est conseillé de consulter un médecin. L'emploi de cette plante doit être considéré comme un complément au traitement médical, sauf contre-indication.

•Travail TRAMIL20

Le jus frais de racine (120 mL/jour) par voie orale, à des patients âgés de 50 à 64 ans, suggère une bonne tolérance systémique.

L'extrait hydroalcoolique (70%) de racine (200, 400 et 800 mg/kg) par voie orale sur des rats femelles, n'a pas montré d'effets abortifs ni d'embryotoxicité25.

La racine fraîche dans la diète (1,96%) de rats des deux sexes pendant 14 jours n'a pas provoqué d'effet toxique évident26.

La racine bouillie (502 g/personne) administrée par voie orale à des adultes, a montré une faible activité antithyroïdienne, dans une étude où la captation de l'iode par la thyroïde a été mesurée27.

Les parties aériennes de la plante consommées par des vaches provoquent un effet anticonceptionnel et/ou interceptif; des données expérimentales ont montré une activité mutagénique sur des modèles de micro-organismes pour cette partie de la plante, mais elles ne se réfèrent pas à la racine28.

On ne dispose pas d'information garantissant l'innocuité de son emploi médicinal sur des enfants ou des femmes allaitantes.

Le tubercule (racine) contient des alcaloïdes : alantoïne4, mélatonine5, choline6, norépinéphrine7 et dérivés d'amines8; carbohydrates: pectine9, saccharose10; bétalaïnes11; phénylpropanoïdes : acides caféique, férulique, -coumarique12; acides organiques : acide oxalique13; flavonoïdes : bétagarine et dérivés14-15; triterpènes : bétavulgaroside et dérivés16-17.

Analyse proximale pour 100 g de tubercule (racine)18 : calories : 44; eau : 87,4%; protéines : 1,6%; lipides : 0,2%; glucides : 10%; fibres : 0,9%; cendres : 0,8%; calcium : 23 mg; phosphore : 35 mg; fer : 1,1 mg; sodium : 36 mg; potassium : 330 mg; carotène : 0 µg; thiamine : 0,02 mg; riboflavine : 0,04 mg; niacine : 0,30 mg; acide ascorbique : 6 mg.

•Travail TRAMIL19

Le jus frais de racine crue (20, 50 et 100 µL/mL) a montré un effet antimutagénique in vitro sur un modèle de ségrégation mitotique induite par le mébendazole sur Aspergillus nidulans. Sur le modèle d'organe isolé sur iléon de cochon d'Inde et utérus de rat femelle, il a induit une augmentation des motilités intestinale et utérine, effet attribué au potassium contenu dans le jus.

•Travail TRAMIL20

Lors d'une expérience clinique contrôlée, 20 patients asthéniques (âgés de 50 à 64ans) avec plus de 30 jours d'évolution ont consommé du jus de racine (120 mL/jour). Au bout de 9 jours une amélioration subjective significative a été mise en évidence comparativement aux résultats obtenus avec 12 patients asthéniques ayant reçu du sirop. Les valeurs en hématocrite, hémoglobine, érythrosédimentation, calcul de leucocytes polymorphonucléaires, monocytes et réticulocytes; glycémie, urée, créatinine, acide urique, cholestérol et triglycérides sont restées équivalentes aux valeurs de base.

La racine de la variété rubra sur des modèles de carcinome de Walher et sarcome de Jensen a diminué la croissance des tumeurs21.

L'extrait hydroalcoolique (50%) de la racine séchée (1667 mg/mL) in vitro a montré une activité antifongique contre Aspergillus niger etTrichophyton mentagrophytes sur plaque d'agar-agar22.

L'extrait de racine administré à des souris a induit une accélération du transit intestinal et a protégé partiellement contre l'infection expérimentale in vivo provoquée par le virus de l'influenza23.

On attribue à l'adénine contenue dans la racine une action antianémique (1,5 g/jour), à la bétaïne un effet emménagogue et abortif, et à l'alantoïne une activité inmunostimulante4.

On attribue à la choline, à la bétaïne et aux pigments contenus dans le jus une activité stimulante de la respiration cellulaire; à la glutamine, une activité stimulante du métabolisme et antiasthénique; la bétaïne est un facteur lipotrope, elle stimule et régularise la fonction hépatique; la bétanidine, après avoir été injectée à un rat, a provoqué une augmentation passagère de la tension et de la fréquence cardiaque24.

Références :  

1 WENIGER B, ROUZIER M, 1986 Enquête TRAMIL. Service Oecuménique d'Entraide SOE, Port au Prince, Haïti.

2 GERMOSEN-ROBINEAU L, GERONIMO M, AMPARO C, 1984 Encuesta TRAMIL. enda-caribe, Santo Domingo, Rep. Dominicana.

3 WENIGER B, 1987-88

Encuesta TRAMIL. enda-caribe, Santo Domingo, Rep. Dominicana.

4 CHIERICI L, 1953 Allantoin and tyrosine in beets. Ateneo Parmense 24:185-188.

5 DUBBELS R, REITER RJ, KLENKE E, GOEBEL A, SCHNAKENBERG E, EHLERS C, SCHIWARA HW, SCHLOOT W, 1995 Melatonin in edible plants identified by radioimmunoassay and by high performance liquid chromatography-mass spectrometry. J Pineal Res 18(1):28-31.

6 TYIHAK E, 1964 Effective component in the effect of the red beet (Beta vulgaris var conditiva) on tumors. Naturwissenschaften 51:315-316.

7 IKEKITA M, MORIYA H, MORIWAKI C, RURIKAWA T, 1979 Some properties of anti-bradykinin substance from beet (Beta vulgaris L. var rapaDumort.f rubra DC.) roots. Yakugaku Zasshi 99:607-611.

8 NEURATH GB, DUNGER M, PEIN FG, AMBROSIUS D, SCHREIBER O, 1977 Primary and secondary amines in the human environment. Food Cosmet Toxicol 15(4):275-282.

9 PARFENENKO VV, BUZINA GV, LUTSENKO OK, 1974 Production of gel-forming beet pectin in the presence of 1.1% hydrochloric acid. Khlebopek Konditer Prom 1974(10):20.

10 CHOLLET MM, 1950 Sucrose and raffinose in beets. Bull Soc Bot Fr 1950:173-177.

11 PIATTELLI M, MINALE L, PROTA G, 1965 Pigments of centrospermae. III. Betaxanthins from Beta vulgaris L. Phytochemistry 4:121-125.

12 HERRMANN K, 1957 Oxidative enzymes and phenolic substrate in vegetables and fruit. I. hydroxycinnamic acids. Z Lebensm-Unters Forsch 106:341-348.

13 BURBA M, NITZSCHKE U, 1974 Oxalic acid in sugar beet roots. Int Sugar J 76:326.

14 TAKAHASHI H, SASAKI T, ITO M, 1987 New flavonoids isolated from infected sugar beet roots. Bull Chem Soc Japan 60(6):2261-2262.

15 ELLIGER CA, HALLOIN JM, 1994 Phenolics induced in Beta vulgaris by Rhizoctonia solani infection. Phytochemistry 37(3):691-693.

16 YOSHIKAWA M, MURAKAMI T, KADOYA M, MATSUDA H, MURAOKA O, YAMAHARA J, MURAKAMI N, 1996 Medicinal foodstuffs. III. Sugar beet. (1): Hypoglycemic oleanolic acid oligoglycosides, betavulgarosides I, II, III, and IV, from the root of Beta vulgaris L. (Chenopodiaceae). Chem Pharm Bull 44(6):1212-1217.

17 YOSHIKAWA M, MURAKAWI T, KADOYA M, YAMAHARA J, MATSUDA H, 1998 Medicinal foodstuffs. XV. Sugar beet. (2): Structures of betavulgarosides V, VI, VII, VIII, IX, and X from the roots and leaves of sugar beet (Beta vulgaris L., Chenopodiaceae). Chem Pharm Bull 46(11):1758-1763.

18 DUKE JA, ATCHLEY AA, 1986 Handbook of proximate analysis tables of higher plants.Boca Raton, USA: CRC Press, p26.

19MORON F, 1990 Actividades biológicas de Beta vulgaris. Informe TRAMIL. Laboratorio Central de Farmacología, Facultad de Medicina “Dr. Salvador Allende”, Instituto Superior de Ciencias Médicas de La Habana, La Habana, Cuba.

20CARBALLO A, RODRIGUEZ A, RODRIGUEZ O, LLENDERROZOS A, 1992 Efectividad de la administración del zumo de raíces de remolacha (Beta vulgaris L.) en el control de la astenia. Estudio clínico controlado. Informe TRAMIL. Instituto Superior de Ciencias Médicas. Santa Clara, Cuba.

21 KOSHIMIZU K, OHIGASHI H, KONDO A, YAMAGUCHI K, 1988 Screening of edible plants against possible anti-tumor promoting activity. Cancer Lett39(3):247-257.

22 GUERIN JC, REVEILLERE HP, 1984 Antifungal activity of plant extracts used in therapy I. Study of 41 plant extracts against 9 fungi species. Ann Pharm Fr42(6):553-559.

23 PRAHOVEANU E, ESANU V, ANTON G, FRUNZULIC S, 1986 Prophylactic effect of a Beta vulgaris extract on experimental influenza infection in mice. Rev Roum Med Virol37(2):121-124.

24 JOSEPH H, GRANDGUILLOTTE M, 1986 Recherches bibliographiques. TRAMIL II, Santo Domingo, República Dominicana, UASD/enda-caribe.

25 RAO VSN, DASARADHAN P, KRISHNALAH KS, 1979 Antifertility effect of some indigenous plants. Indian J Med Res70:517-520.

26 NAVRATIL B, ZEMAN L, 1976 Effect of the daily ration and the type of complete mixed feed fed to pregnant sows on the number and weight of piglets. Zivocisna Uyrpba21:295-303.

27 GREER MA, ASTWOOD EB, 1948 The antithyroid effect of certain foods in man as determined with radioactive iodine. Endocrinology43:105-119.

28 ALKOFAHI A, ABDELAZIZ A, MAHMOUD I, ABUIRJIE M, HUNAITI A, EL-OQLA A, 1990 Cytotoxicity, mutagenicity and antimicrobial activity of forty Jordanian medicinal plants. Int J Crude Drug Res28(2):139-144.

29 VANACLOCHA B, CAÑIGUERAL S, (eds.) 2003 Beta vulgaris. En: Fitoterapia. Vademecum de Prescripción. 4ta Edición. Editorial MASSON, Barcelona, España, p. 428.

Décharge

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