Boerhavia coccinea

nom scientifique : 
Boerhavia coccinea Mill.
synonyme : 
Boerhavia diffusa auct., non L.
Famille : 

Distribution géographique

Régions tropicales et subtropicale.

Description botanique

Herbacée vivace jusqu’à 1 m. Feuilles suborbiculaires, ovées ou ovales, de 2-5 cm, apex obtus à arrondi, parfois aiguë, arrondies à la base, plus pâles sur le dessous. Fascicules de fleurs disposées en panicules longs, petites fleurs, calice de 1,5 à 2 mm et limbe de 0,8 à 0,9 mm en capitules formant des cymes, périanthe rouge-pourpre. Fruit obovoïde, de 2,5 à 3 mm, à 5 angles.

Voucher(s)

Longuefosse & Nossin, 5, HAVPM

mal de gorge :

feuille, décoction, gargarismes1
feuille, jus, gargarismes1

Les feuilles de Boerhavia diffusa constituent un aliment pour la consommation humaine relativement répandu en Inde.

Contre le mal de gorge :

Préparer une décoction avec 30 grammes de feuilles fraîches dans 4 tasses (1 litre) d'eau, faire bouillir 10 minutes dans un récipient couvert. Laisser refroidir, filtrer et se gargariser 3 fois par jour.

Pour l’utilisation du jus de feuille : bien laver 30 grammes de feuilles puis les écraser dans un mortier avec un peu d'eau (environ 15 centimètres cube) pour exprimer le jus. Verser dans une cuillère et se gargariser. Répéter 3 fois par jour.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l’information disponible :

L’emploi contre le mal de gorge est classé REC sur la base des usages significatifs traditionnels documentés par les enquêtes TRAMIL, les études de toxicité, de validation et l’information scientifique publiée.

Ne pas administrer pendant la grossesse, l’allaitement ni à des enfants de moins de 10 ans.

Travail TRAMIL14
Les extraits aqueux (décoction et jus) lyophilisés de feuille fraîche (5 g/kg) par voie orale chez la souris mâle n’a pas produit d'effets toxiques.

L’extrait aqueux de feuille sèche (500, 1000 et 2000 mg/kg) par voie orale pendant 30 jours chez la souris et le rat albinos a révélé une DL50> 2000 mg/kg et n'a pas causé de mort ni de signes évidents de toxicité ou de modifications hématologiques16.

L'extrait hydroalcoolique de plante entière séchée, (500 mg/kg) par voie orale chez la souris et le rat, modèle d'hépatotoxicité induite par le tétrachlorure de carbone, a été hépatoprotectrice. Jusqu’à la dose de 2 g/kg, l’extrait n'a montré aucun signe de toxicité17.

On ne dispose pas d’information garantissant l’innocuité de son emploi sur des femmes enceintes ou allaitantes, ni sur des enfants de moins de 12 ans.

Travail TRAMIL2
Tamisage phytochimique préliminaire de la feuille :

alcaloïdes

        -

saponines

        -

stéroïdes, terpénoïdes

        +

phénols et tanins

        ++

flavonoïdes

        + 

tanins hydrolisables

        +

iridoïdes

         -      

phénylpropanoïdes

        -

coumarines

         +

aldéhydes

        -

lactones

         +

glycosides

        +

La plante entière contient des acides organiques : acide boerhavique3, acide oxalique4; xanthone : hypoxanthine-9-L-arabinofuranoside5; des alcaloïdes : punarnavine6-7 et des stéroïdes : β-sitosterol8.

La tige verte contient de la furanoxantone : boerhavine et acide boerhavique9.

La feuille contient des terpènes : 3,4-dihydroxy-5-méthoxycinnamoil-rhamnoside, kamférol 3-O-(2"-rhamnosyl)-robinobioside, 3,5,4'-trihydroxy-6,7-diméthoxyflavone 3-O-galactosyl(1→2) glucoside [eupalitin 3-O-galactosyl(1→2) glucoside], acide caféoïltartarique, eupalitin 3-O-galactoside, la quercétine, le kamférol, la quercétine-3-O-robinobioside ou quercétine 3-O-(2"-rhamnosyl)-robinobioside10. En outre des phénylpropanoïdes, indoles, norisoprénoïdes et certains acides : oxalique, cétoglutarique, pyruvique, quinique et fumarique11.

 

Travail TRAMIL12
Les extraits aqueux (décoction) et éthanolique (teinture à 10%) de feuille, in vitro (10 mg/mL) ont été actif contre Staphylococcus aureus, mais n'ont montré aucun effet sur ​​Pseudomonas aeruginosa, Salmonella typhi, S. flexneri, Candida albicans et Escherichia coli.

Travaux TRAMIL13-14
L’extrait aqueux (décoction) et le jus lyophilisés de feuille fraîche (1 g/kg) par voie orale chez la souris, modèles de douleur induite par l'acide acétique et plaque chauffante, a montré une activité antalgique : le jus a été le plus actif. Selon le modèle carraghénine, dans les mêmes conditions expérimentales, les extraits n’ont montré aucun effet anti-inflammatoire.

L’extrait éthanolique (80%) des parties aériennes sèches in vitro (100 µg/mL) a été actif contre Pseudomonas aeruginosa, Salmonella paratyphi A et Staphylococcus aureus mais inactif contre Bacillus anthracis, Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Proteus vulgaris, Shigella sonnei et Vibrio cholerae15.

Références :  

1 LONGUEFOSSE JL, NOSSIN E, 1990-95
Enquête TRAMIL. Association pour la valorisation des plantes médicinales de la Caraïbe AVPMC, Fort de France, Martinique.

2 Beltran C, Jimenez S, GOmez A, BeltrAn J, GarcIa G, GOmez H, 2010
screening fitoquimico de hoja de Boerhaavia diffusa (infusión, deccoción y extracto etanólico (maceración). Trabajo TRAMIL. Grupo de Investigación en Química de Medicamentos, Universidad de Cartagena, Colombia.

3 AGARWAL RR, DUTT SS, 1934
Chemical examination of punar-nava or Boerhavia diffusa Linn. Proc Acad Sci 4:73-76.

4 MATHAMS RH, SUTHERLAND AK, 1952
The oxalate content of some Queensland pasture plants. Queensland J Agric Sci 9:317-334.

5 AHMAD K, HOSSAIN A, 1968
Isolation, structure, synthesis and biological action of hypoxanthine-9-L-arabinofuranoside. Pak J Biol Agr Sci 11(2):41-44.

6 AGARWAL RR, DUTT SS, 1935
Chemical examination of punarnava or Boerhavia diffusa Linn. II Isolation of an alkaloid punarnavine. Proc Acad Sci United Provinces Agra Audh India 5:240-242.

7 BASU NK, LAL SB, SHARMA SN, 1947
Investigations on Indian medicinal plants. Q J Pharm Pharmacol 20(1):38-42.

8 SRIVASTAVA DN, SINGH RH, UDUPA KN, 1972
Studies on the Indian indigenous drug, punarnava (Boerhavia diffusa Linn.). Part V. Isolation and identification of a steroid. J Res Indian Med 7(3):34-36.

9 ROIG J, 1988. Plantas Medicinales, Aromáticas y Venenosas de Cuba. 2a ed. La Habana, Cuba: Editorial Científico-Técnica.

10 FERRERES F, SOUSA C, JUSTIN M, VALENTÃO P, ANDRADE PB, LLORACH R, RODRIGUES A, SEABRA RM, LEITÃO A, 2005
Characterisation of the phenolic profile of Boerhaavia diffusa L. by HPLC-PAD-MS/MS as a tool for quality control. Phytochem Anal 16(6):451-458.

11 PEREIRA DM, FARIA J, GASPAR L, VALENTÃO P, DE PINHO PG, ANDRADE PB, 2009
Boerhaavia diffusa: metabolite profiling of a medicinal plant from Nyctaginaceae. Food Chem Toxicol 47(8):2142-2149.

12 CACERES A, GONZALEZ S, GIRON L, 1998
Demostración de la actividad antimicrobiana de plantas TRAMIL en base a los usos populares en la cuenca del Caribe. Laboratorio de productos fitofarmacéuticos Farmaya y Facultad de Ciencias Químicas y Farmacia, Universidad de San Carlos, Guatemala, Guatemala.

13 SOUZA BRITO AR, HIRUMA-LIMA CA, 1996
Toxicidade aguda e atividade analgésica de estratos brutos de plantas do Caribe. Informe TRAMIL. Dep. de Fisiología y Biofísica, Universidad de Campinas, Campinas, Brasil.

14 HIRUMA-LIMA CA, GRACIOSO JS, BIGHETTI EJB, GERMOSEN-ROBINEAU L, SOUZA BRITO AR, 2000
The juice of fresh leaves of Boerhavia diffusa L. (Nyctaginaceae) markedly reduces pain in mice. J Ethnopharmacol 71(1/2):267-274.

15 AYNEHCHI Y, SALEHI SORMAGHI M, SHIRUDI M, 1982
Screening of Iranian plants for antimicrobial activity. Acta Pharm 19(4):303-308.

16 ORISAKWE OE, AFONNE OJ, CHUDE MA, OBI E, DIOKA CE, 2003
Sub-chronic toxicity studies of the aqueous extract of Boerhavia diffusa leaves. J of Health Science 49(6)444-447.

17 CHANDAN BK, SHARMA AK, ANAND KK, 1991
Boerhavia diffusa: a study of its hepatoprotective activity. J Ethnopharmacol 31(3):299-307.

Décharge

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