Jatropha curcas

nom scientifique : 
Jatropha curcas L.
Famille : 

Distribution géographique

Originaire d’Amérique tropicale, naturalisée dans d’autres régions tropicales.

Description botanique

Arbuste ou petit arbre pouvant atteindre 5 m, avec un latex jaune laiteux ou rougeâtre. Feuilles arrondies-ovées, à 3-5 lobes, cordées à la base, à l’extrémité aiguë ou acuminée. Cymes petites, denses, à longs pédoncules; pétales blanchâtres oblong-ovés, à pilosité dense. Capsule ellipsoïdale, de 2,5 à 4 cm. Graines de 2 cm, noirâtres.

Voucher(s)

Rouzier,69,SOE Pimentel,1120,JBSD

candidose buccale :

  sève (latex), en application locale1-2

Contre la candidose de la muqueuse buccale :

Se référer à l'usage rapporté au chapitre Emplois traditionnels significatifs TRAMIL, les informations scientifiques disponibles ne permettant pas de définir un dosage plus précis.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l’information disponible :

L’emploi contre la candidose de la muqueuse buccale est classé REC sur la base de l’usage significatif traditionnel documenté par les enquêtes TRAMIL et les études de toxicité.

Ne pas employer avec des enfants de moins de 5 ans, ni avec des femmes enceintes ou allaitantes.

Eviter l’ingestion de la graine à cause du risque de toxicité. En cas d’intoxication par ingestion, consulter un médecin.

•Travail TRAMIL20

Le jus de feuille fraîche (100%) a été instillé dans le sac conjonctival inférieur de 9 lapins, suivant la méthode de Draize pour la toxicité oculaire. Aucune lésion macroscopique n’a été observée dans la cornée ni dans l’iris. Une légère inflammation de la conjonctive est apparue au bout de 1 et 4 heures chez 4 lapins, mais elle a disparu avant 24 heures.

Le jus de feuille fraîche (4, 6, 10 mL/kg) appliqué pendant 24 heure sur la peau épilée de lapins (méthode Draize), après 14 jours d’observation a produit peu de toxicité cutanée à des doses de 4 et 6 mL/kg; pour une dose de 10 mL/kg, il a été légèrement irritant.

Le jus de feuille fraîche (0,2 mL) appliqué sur la muqueuse buccale et du pénis de lapins (méthode Draize), a produit une légère irritation.

Trabajo TRAMIL26(sera traduit dans la 3è édition)

La decocción al 50 % de hoja fresca, aplicación tópica (0,6 mL/6 cm2 de piel sana), a conejos albinos New Zealand, 3 machos (1.9 kg), modeloAcute Dermal IrritationOECD 404, se utilizaron 3 sitios y fueron separados en cajas de retención, al cabo de las 4 horas, se retiró el parche, las lecturas para eritema y edema se hicieron a 1, 24, 48 y 72 horas, no mostró ningún signo clínico por lo que se clasificó en la categoría no irritante.

L’extrait aqueux de graine fraîche administré par voie intrapéritonéale (5 mg/kg) à des souris a entraîné la mort au bout de 3 jours21.

La graine administrée par voie orale (1 g/kg/jour) à des chèvres, a provoqué une congestion hépatique. La biopsie hépatique et l’analyse de sang ont montré une réduction du contenu en glycogène, des altérations des hépatocytes et de graves modifications hématologiques22.

Il a été rapporté que l’ingestion de la plante entière est toxique pour l’être humain23.

La curcine et le complexe résinostérolique seraient responsable des effets toxiques de la graine24.

On ne dispose pas d’information garantissant l’innocuité de son emploi avec des enfants, ni avec des femmes enceintes ou allaitantes.

•Travail TRAMIL3

Analyse phytochimique préliminaire de la feuille :

alcaloïdes :

-

saponosides :

+

quinones :

-

composants phénoliques :

+

flavonoïdes :

+

tanins :

+

stéroïdes, terpénoïdes :

+

 

Le latex contient des protéines :curcacycline4 et curcaïne (enzyme protéolytique)5.

La feuille contient des glucosides cyanogènes; des tanins; des terpènes : a-amirine, b-sitostérol, campestérol, stigmastérol; des flavonoïdes : vitexine, isovitexine6-8.

La feuille et l’écorce contiennent des sapogénines stéroïdiques9.

La graine contient de la toxalbumine : curcine10; des phorbols : dérivés du 12-déoxy-16-hydroxyphorbol11.

La racine contient des diterpènes : curcusones A, B et C12-13.

Analyse proximale de la graine14 : eau : 6,6%; protéines : 18,2%; lipides : 38%; glucides : 33,5%; fibres : 15,5%; cendres : 4,5%.

•Travail TRAMIL15

Le latex pur et dilué dans de l’éthanol (1:10) a montré in vitro une activité significative contre Staphylococcus aureus, une activité faible contre Candida albicans et aucune action contre Bacillus subtilis, Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa etAspergillus niger. L’extrait éthanolique (95%) de feuille séchée (5 et 50 mg/mL) a été inactif sur ces micro-organismes.

•Travail TRAMIL16

Le latex n'a pas eu d'activité antimicrobienne in vitro à une concentration de 1000 µg/mL contre Staphylococcus aureus,Pseudomonas aeruginosa,Candida albicans,Klebsiella pneumoniae,Mycobacterium smegmatis, Salmonella gallinarum ni Escherichia coli.

Trabajo TRAMIL25 (sera traduit dans la 3è édition)

La decocción de hoja fresca no mostró actividad antimicrobiana in vitro a una concentración de 1000 µg/mL contra Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa, Candida albicans, Klebsiella pneumoniae, Mycobacterium smegmatis, Salmonella gallinarum ni Escherichia coli.

Le latex a inhibé la croissance in vitro de Staphylococcus aureus17.

L’extrait aqueux de parties aériennes a été actif in vitro contre Citomegalovirus (CL50 = 22 µg/mL) et Sindbisvirus (CL50 = 1-32 µg/mL)18.

L’extrait éthanolique (95%) de parties aériennes a montré une activité in vitro contre Sindbisvirus (CL50 = 1 µg/mL)18.

L’extrait alcool-acétone des parties aériennes a montré une activité antivirale in vitro contre Citomegalovirus (CL50 = 7 µg/mL), Sindbisvirus (CL50 = 1-88 µg/mL) et contre Microsporum canis (moins de 0,13 mg/mL)18.

Les extraits aqueux et éthanol-acétone de parties aériennes (1 mg/disque) ont été inactifs in vitro contre des couches de Candida albicans et deSaccharomyces cerevisiae18.

L’extrait aqueux de plante entière a été inactifin vitro devant Trichophyton gallinae, Microsporum gypseum, M.fulvum, M.canis, Escherichia coli etStaphylococcus aureus18.

L’extrait alcool-acétone des parties aériennes a été inactif in vitro contre Microsporum gypseum, M.fulvum, Trichophyton gallinae, Escherichia coli etStaphylococcus aureus (1 mg/disque)18.

L’extrait acétonique-aqueux de plante entière a été inactif in vitro contre Microsporum gypseum et Trichophyton mentagrophytes18.

Les extraits chloroformique et éthanolique (95%) de feuille et de branche administrés par voie intrapéritonéale (12,5 mg/kg et 25 mg/kg) à la souris ont montré une activité antitumorale8.

L’extrait de parties aériennes a été inactif contreArtemia salina18.

Lors d’une étude clinique avec 30 patients, du latex ou de l’azote liquide (contrôle) ont été appliqués pour traiter des verrues plantaires. Le groupe traité avec le latex a obtenu une amélioration après 11-20 jours d’application, c'est-à-dire moins rapidement qu’avec l’azote. Des effets collatéraux non limitatifs ont été observé, à savoir : une desquamation locale, des changements de coloration et des démangeaisons19.

Références :  

1 WENIGER B, ROUZIER M, 1986 Enquête TRAMIL. Service Oecuménique d'Entraide SOE, Port au Prince, Haïti.

2 WENIGER B, 1987-88 Encuesta TRAMIL. enda-caribe, Santo Domingo, Rep. Dominicana.

3 WENIGER B, SAVARY H, DAGUIHL R, 1984 Tri phytochimique de plantes de la liste TRAMIL. Laboratoire de chimie des substances naturelles, Faculté de Médecine et de Pharmacie, Université d'Etat d'Haïti, Port au Prince, Haïti. TRAMIL I, Port au Prince, Haïti, Fac. de Médecine/enda-caribe.

4 VAN DEN BERG A, HOARSTEN S, KETTENES-VAN-DEN BOSCH J, KROES B, BEUKELMAN C, LEEFLANG B, LABADIE R, 1995 Curcacycline A - a novel cyclic octapeptide isolated from the latex of Jatropha curcas L. Febs Lett 358(3):215-218.

5 NATH LK, DUTTA SK, 1991 Extraction and purification of curcain, a protease from the latex of Jatropha curcas Linn. J Pharm Pharmacol 43(2):111-114.

6 HEGNAUER R, 1973 Chemotaxonomy der Pflanzen. Basel & Stuttgart: Birkhauser Verlag. 6:882.

7 SUBRAMANIAN SS, NAGARAJAN S, SULOCHANA N, 1971 Flavonoids from some Euphorbiaceous plants. Phytochemistry 10:2548-2549.

8 HUFFORD C, OGUNTIMEIN B, 1978 Non-polar constituents of Jatropha curcas. Lloydia 41:161.

9 HUSSAIN H, DEENI Y, 1991 Plants in Kano ethomedicine; screening for antimicrobial activity and alkaloids. Int J Pharmacog 29(1):51-56.

10 STIRPE F, PESSION-BRIZZI A, LORENZONI E, STROCCHI P, MONTANARO L, SPERTI S, 1976 Studies on the proteins from seeds of Croton tiglium and of Jatropha curcas. Toxic properties and inhibition of protein synthesis in vitro. Biochem J 156:1.

11 HIROTA M, SUTTAJIT M, SUGURI H, ENDO Y, SHUDO K, WONGCHAI V, HECKER E, FUJIKI H, 1988 A new tumor promoter from the seed oil of Jatropha curcas L., an intramolecular diester of 12-deoxy-16-hydroxyphorbol. Cancer Res 48(20):5800-5804.

12 ROJANAPO W, PIMBUA J, GLINSUKON T, NAENGCHOMNONG W, THEBTARANONTH Y, 1987 Failure of diterpenes from Jatropha curcas to induce mutation in Salmonella typhimurium TA98 and TA100. Res Commun Chem Pathol Pharmacol 58(3):397-400.

13 NAENGCHOMNONG W, THEBTARANONTH Y, WIRIYACHITRA P, OKAMOTO KT, CLARDY J, 1986 Isolation and structure determination of four novel diterpenes from Jatropha curcus. Tetrahedron Lett27(22):2439-2442.

14 DUKE JA, ATCHLEY AA, 1986 Handbook of proximate analysis tables of higher plants. Boca Raton, USA: CRC Press, p90.

15 LE GRAND A, WONDERGEM PA, 1986 Activités antimicrobiennes et études bibliographiques de la toxicologie de dix plantes médicinales de la Caraïbe. Rapport TRAMIL. Dép. de Pharmacognosie, Universités de Groningen & Leyden, Hollande. TRAMIL II, Santo Domingo, Rep. Dominicana, UASD/enda-caribe.

16 SOLIS PN, RODRIGUEZ N, ESPINOSA A, GUPTA MP, 2004 Estudio antimicrobiano de algunas plantas TRAMIL con usos en Martinica. Informe TRAMIL. Centro de Investigaciones Farmacognósticas de la Flora Panameña CIFLORPAN, Facultad de Farmacia, Universidad de Panamá, Panamá, Panamá.

17 THOMASO O, 1989 Re-examination of the antimicrobial activities of Xylopia aethiopica, Carica papaya, Ocimun gratissimum andJatropha curcas. Fitoterapia 60(2):147-155.

18 MACRAE W, HUDSON J, TOWERS G, 1988 Studies on the pharmacological activity of Amazonian Euphorbiaceae. J Ethnopharmacol 22(2):143-172.

19 MARROQUIN E, Blanco JA, 1997 Clinical Trial of Jatropha curcas sap in the treatment of common warts. Fitoterapia 68(2):160-162.

20 HERRERA J, 1990 Determinación de actividades biológicas de vegetales utilizados en medicina tradicional. Informe TRAMIL. Laboratorio de fitofarmacología, Dep. de Farmacología, Facultad de Salud, Universidad del Valle, Cali, Colombia. TRAMIL V, Livingston, Guatemala, CONAPLAMED/enda-caribe.

21 ABDU-AGUYE I, SAMNUSI ALAFIYA T, BHUSNURMATH S, 1986 Acute toxicity studies with Jatropha curcas L. Human Toxicol 5(4):269-274.

22 CHONKEL A, 1985 A propos de quelques graines toxiques existant à la Guadeloupe (Thèse Pharmacie). Faculté de Pharmacie, Montpellier, France.

23 WEE Y, GOPALAKRISHNAKONE P, CHAN A, 1988 Poisonous plants in Singapore - a colour chart for identification with symptoms and signs of poisoning. Toxicon 26(1):47.

24 MAMEESH MS, EL-HAKIM LM, HASSAN A, 1963 Reproductive failure in female rats fed with the fruit or seed of Jatropha curcas. Planta Med 11:98.

25 Olmedo D, RODRIGUEZ N, ESPINOSA A, VASQUEZ Y, Gupta MP, 2005 Ensayo antimicrobiano de algunas especies con usos significativos TRAMIL-Centroamérica. Informe TRAMIL. Centro de Investigaciones Farmacognósticas de la Flora Panameña CIFLORPAN, Facultad de Farmacia, Universidad de Panamá, Panamá, Panamá.

26 LOPEZ M, MOREJON Z, BACALLAO Y, FUENTES V, MORON F, 2009 Irritabilidad dérmica primaria de hoja fresca de Jatropha curcas L.Informe TRAMIL. Facultad de Ciencias Médicas “Dr. Salvador Allende”, Laboratorio Central de Farmacología, C. Habana, Cuba.

Décharge

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